27 février 2009 2 Commentaires

Question à l’Assemblée : quel devenir pour les IUFM?

Orliac Dominique – IUFM

Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, à qui je voudrais tout d’abord dire que l’université, on le sait, est délaissée depuis quinze ans de gouvernement de droite.  Il s’agit de lui rappeler, ainsi qu’à son collègue de l’éducation nationale, une notion qu’ils refusent tous deux d’assimiler, une notion plus que jamais menacée : la pédagogie, ou science de l’enseignement.

Madame la ministre, la pédagogie s’apprend et s’enseigne aujourd’hui, mais certainement plus pour longtemps, au sein des instituts universitaires de formation des maîtres, ceux-là même que vous voulez supprimer malgré l’opposition massive des élèves et des personnels concernés. La nuit dernière, ils étaient encore des milliers à se mobiliser pour « la nuit nationale des IUFM ».

Depuis 1989, ces établissements assurent un maillage territorial équilibré dans le recrutement et la formation des maîtres, jusque et y compris dans les départements ruraux, comme celui du Lot dont je suis élue. Ils forment pendant deux ans les futurs enseignants des premier et second degrés. Recrutés à bac plus 3 et sur concours, ceux-ci acquièrent au sein des IUFM des méthodes et des outils pédagogiques indispensables à maîtriser avant de se retrouver seul face à une classe : un savoir théorique la première année, un savoir-faire professionnel la seconde.

Une fois de plus, vous appelez « réforme » une suppression – celle des IUFM – et « modernisation » un démantèlement, celui de notre système éducatif fondé sur le creuset républicain et l’ascenseur social. Car, dès 2010, les professeurs des écoles seraient recrutés au niveau du Master 2, soit bac plus 5, et, après le concours, les candidats reçus pourraient être directement envoyés dans une classe. L’année basée sur l’alternance entre formation et pratiques de classe pourrait donc être supprimée ; tout au plus le nouvel enseignant serait-il éventuellement suivi par un tuteur.

Pourtant, obtenir un diplôme spécialisé et réussir un concours n’offre aucune garantie en matière de pédagogie. Enseignant, c’est un métier, et un métier, ça s’apprend.

Pourquoi ne pas vous interroger enfin sur les véritables mesures à prendre pour améliorer l’apprentissage du métier d’enseignant ? Il faut maintenir et revaloriser les IUFM, et ainsi encourager les vocations de ceux pour qui la notion de pédagogie a encore un sens. Pourquoi ne pas prendre le temps de mettre en place, avec les professionnels, une véritable réflexion sur ce qui peut être fait en matière de recrutement, de formation professionnelle et d’irrigation des territoires ?

Reponse :

Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Madame Orliac, le Président de la République a souhaité revaloriser la profession enseignante en recrutant désormais les professeurs des écoles et les professeurs du second degré au bout de cinq ans d’études, avec un diplôme de master. Nos futurs enseignants auront ainsi la chance d’avoir une meilleure formation, mais surtout de bénéficier d’une revalorisation de leur carrière et de leur rémunération. Chacun de nos enfants aura la chance d’avoir des professeurs mieux formés. Et puis, surtout, je rappelle que telle est la norme dans tous les grands pays qui ont des systèmes d’éducation performants.

Vous savez que les IUFM ont été intégrés dans les universités depuis la loi de 2005. Cette intégration s’est poursuivie jusqu’à l’année dernière et est désormais achevée. C’est une réussite. Les IUFM sont associés à la définition et à la conception des nouveaux masters qui formeront nos futurs enseignants à partir de septembre prochain.

Je veux ici rassurer solennellement tous les députés présents :les antennes de proximité des IUFM continueront d’accueillir des étudiants parce que ceux-ci ont besoin d’une formation effectuée au plus près des territoires et au plus près des classes.

Je sais que la réforme de la formation des maîtres demande une mobilisation très importante de l’ensemble de la communauté universitaire, et j’y suis sensible : je l’accompagnerai tout au long de cette année, et aussi l’année prochaine. Mon ambition, madame Orliac, c’est d’offrir aux jeunes enseignants une formation académique de très haute qualité, mais aussi des stages rémunérés, en position de responsabilité, pour apprendre les réalités de la classe. Tel est mon engagement et ma responsabilité : une meilleure formation au plus près des territoires, et au service de tous nos enfants.

2 Réponses à “Question à l’Assemblée : quel devenir pour les IUFM?”

  1. Frédéric Faucon 2 mars 2009 à 21:38 #

    Bonsoir Olivier,
    dans le cadre de la réforme de madame Pécresse, des bruits couraient dans les IUFM, que les futurs enseignants, après réussite au concours, devraient chercher eux mêmes leur poste, comme les fonctionnaires territoriaux. As-tu des informations à ce sujet ?

  2. rénovateursdunord 3 mars 2009 à 8:37 #

    Non aucune. La réforme concerne les modalités de formation et du concours des futurs enseignants, remettant en cause notamment l’année de stage pratique qu’il faudrait pourtant…renforcer!. Les néo-titulaires seront soumis aux procédures habituelles de nomination par le M.E.M et le rectorat.


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