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NON au libre choix

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NON AU LIBRE CHOIX !!!!

Créée en 1963 comme instrument de mise en œuvre d’une politique nationale et de régulation locale de l’offre et de la demande d’éducation, la carte scolaire a été assouplie, une nouvelle fois, en 2007 avant d’être normalement supprimée cette année.

Deux objectifs prioritaires ont été assignés à cette suppression : favoriser l’égalité des élèves et améliorer la diversité sociale (par de nouveaux critères dérogatoires), accorder une nouvelle liberté aux familles sur le principe du libre choix (plus sûrement pour les classes moyennes et supérieures alors que les enfants des familles défavorisées sont davantage fixés dans des établissements de proximité plus difficiles).

La carte scolaire a certes déjà, par le passé, était assouplie (Savary, Monory) et reste une responsabilité partagée entre les collectivités (communes et conseils généraux pour les écoles et les collèges) et l’Etat.

Il faut d’ailleurs noter que les conseils généraux réclament la gestion totale de la carte scolaire (sur l’affectation des élèves pour réguler les flux de fréquentation et leurs politiques d’investissement) alors que la perspective du gouvernement est de la supprimer.

Ainsi l’assouplissement n’est plus qu’une étape vers la disparition de la carte scolaire et non plus un ajustement de celle-ci. 

Il est vrai que personne ne pouvait se satisfaire du maintien pur et dur du dispositif existant enfermant les familles les plus fragiles économiquement et socialement alors que l’enseignement privé continuait à jouer la carte de l’évitement (pour un financement public quasi équivalent pour le privé sous contrat d’ailleurs).

Loin de combattre et d’éradiquer les inégalités sociales, la carte scolaire, à elle seule, ne pouvait empêcher les stratégies nombreuses des parents choisissant la ville, le quartier de résidence en fonction du contexte scolaire. Il est révélateur que le prix de l’immobilier, selon certaines enquêtes soit réévalué à la hausse, dans les quartiers réputés pour leurs établissements scolaires (public et privé confondus).

Ces stratégies de contournement et d’évitement rendent ainsi largement inopérante la régulation actuelle sans que pour autant l’on se satisfasse de sa disparition.  Décidées opportunément, non pour des raisons éducatives mais politiques, les annonces relatives à l’assouplissement puis la disparition de la carte scolaire répondaient au souci d’ « offrir à chacun l’établissement de son choix. » Pourtant les premiers effets des mesures se font aujourd’hui sentir, mis en exergue par les inspecteurs généraux  et le récent rapport de la cour des comptes signalant tous deux une baisse de la mixité scolaire et le renforcement des logiques de concentration. 

Les demandes de dérogations n’ont pas forcément explosé  (environ 14000 élèves, le libre choix ne conditionnant pas la volonté de partir de l’établissement du secteur) même si dans quelques départements se pose déjà la survie de collèges attaqués par une perte d’effectifs  relativement importante.

« C’est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est la plus mise à l’épreuve : dans les établissements convoités, il y a peu d’élèves de conditions modestes, dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu. »

L’ancien mode de régulation a pourtant vécu tant le poids du privé pèse lourdement sur le dispositif et sur tout le système éducatif.fincarte.jpg

A Lille par exemple, le poids du privé a contraint les établissements publics à mettre en œuvre des stratégies de reconquête (options, politique de recrutement..) pour au final créer une double concurrence, entre établissements publics et privés mais aussi entre établissements publics. 

(Il vaut mieux renforcer l’écart dans le système public plutôt que de laisser filer les effectifs vers le privé…. !)

La prochaine suppression de la carte scolaire va donc favoriser la concentration des publics scolaires en fonction des critères pédagogiques, sociaux et ethniques comme d’ailleurs c’est le cas en Belgique et aux pays bas adeptes du libre choix (et où enseignement privé est historiquement lourd)

Dans le même temps la carte scolaire ne peut rester en l’état provoquant, nous l’avons vu, des phénomènes ségrégatifs même à son corps défendant.

Comment, dés lors, trouver un espace entre la création d’un marché scolaire autour du libre choix et promouvoir réellement la mixité sociale ? 

La voix est étroite puisque celle-ci est loin d’être un objet de consensus. Perçue comme une difficulté par une partie des enseignants, une menace potentielle pour les familles, la mixité sociale supposera de s’attaquer politiquement à sa mise en œuvre effective.

Ainsi au contraire d’une liberté totale, il convient de passer à un choix régulé permettant non l’égalité mais l’équité. 

François Dubet avait ces mots très justes : ce qui importe c’est ce que l’école fabrique comme individu…. »

 Quelles propositions crédibles pour améliorer la mixité sociale et rompre avec la logique des inégalités scolaires ? 

Passer à une logique de régulation englobant tout le système éducatif, public et privé confondus

Mener une politique volontariste auprès des établissements ségrégués et des familles les plus défavorisées

Lutter contre la ségrégation scolaire comme prolongement de la ségrégation urbaine, sociale, ethnique et culturelle

Initier une politique locale d’éducation sous couvert de l’Etat (pérennité des dispositifs de réussite éducatifs par exemple, poids et reconnaissance des P.E.L)

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