Accueil Actualités Pas de refon­dation pos­sible de l’école sans les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales!

Pas de refon­dation pos­sible de l’école sans les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales!

0
0
45

 

Je relaye la tribune de l’association Prisme qui évoque la place essentielle des collectivités territoriales sur la question éducative.

A lire sans modération!

Pas de refon­dation pos­sible de l’école sans les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales ! - Libération

Tribune Pour les membres de l’association Prisme, la refon­dation de l’éducation, dans et hors école, passe par une coopé­ration de toute la société : ensei­gnants, parents, col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales, associations.

Par Yannick BODIN, ancien sénateur de Seine-​​et-​​Marne, ancien vice-​​président chargé des lycées et de l’action éducative de la région Ile-​​de-​​France, Robert CHAPUIS, député-​​maire hono­raire de Le Teil (Ardèche), ancien secré­taire d’Etat, Jacques GUYARD, député-​​maire hono­raire d’Evry (Essonne), ancien secré­taire d’Etat, Jean ROUCOU, maire adjoint à l’éducation et à la for­mation tout au long de la vie, à La Ferté-​​sous-​​Jouarre (Seine-​​et-​​Marne), membres de l’association-réseau national Prisme (Pro­motion des ini­tia­tives sociales en milieux éducatifs)

Nous avons enseigné pendant vingt ans à tous les niveaux de l’Education nationale, puis nous avons coopéré à l’éducation des jeunes et des adultes comme élus locaux, par­le­men­taires, membres du gou­ver­nement ou comme res­pon­sables au sein d’administrations centrales.

Nous constatons que, malgré les efforts de beaucoup d’enseignants, l’école fran­çaise va mal. Ses résultats régressent dans les com­pa­raisons inter­na­tio­nales. Elle laisse beaucoup trop de jeunes, issus des familles les moins favo­risées, au bord du chemin.

Notre conviction aujourd’hui est que, pour répondre à ce défi, l’action éducative demande la coopé­ration de toute la société : ensei­gnants, parents, col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales, asso­cia­tions doivent tra­vailler ensemble pour tirer profit de tout ce qu’apprennent les jeunes, qui passent moins de 800 heures par an en classe sur quelque 5 500 heures d’activité.

C’est au plan local que cette coopé­ration peut et doit s’organiser, par des contrats éducatifs qui per­met­tront de valo­riser les com­pé­tences acquises par les jeunes à l’école et au dehors. Cette conviction s’exprime depuis plu­sieurs années (projets éducatifs locaux, projets de réussite éducative…), et concerne surtout le hors temps sco­laire, sans être prise en compte dans l’action de l’école. Mais les résultats sont insuf­fi­sants. Il faut aller plus loin, vers un projet local concerté et cohérent, adapté au terrain et réunissant les com­pé­tences de tous les acteurs publics.

Un exemple : en Seine-​​et-​​Marne, le taux d’encadrement en pri­maire est le plus faible de tous les dépar­te­ments métro­po­li­tains, le taux de réussite au bac­ca­lauréat se situe en dessous de la moyenne nationale, le taux de pour­suite d’études supé­rieures reste infé­rieur de 10% à la moyenne nationale.

C’est pourquoi le conseil général a organisé, le 8 décembre, les Assises de la réussite éducative en Seine-​​et-​​Marne, à partir d’une enquête auprès des col­lé­giens de cinq col­lèges repré­sen­tatifs. Le 23 mars, le conseil général adoptait le « Mani­feste pour le droit à la réussite des élèves seine-​​et-​​marnais ».

Le conseil général démontre, par cette démarche, son intention d’appréhender d’une manière citoyenne des pro­blé­ma­tiques comme le décro­chage sco­laire, les dif­fé­rentes aides à apporter aux établis­se­ments, aux élèves les plus en dif­fi­cultés et à leurs familles. Ce format, qu’on retrouve ailleurs en France, pourrait constituer la base de ren­contres éduca­tives ter­ri­to­ria­lisées regroupant les dif­fé­rents acteurs concernés par l’éducation par­tagée, sou­cieux de par­ti­ciper à la refon­dation de l’Ecole.

Le débat ouvert par le gou­ver­nement afin de pré­parer la loi d’orientation et de pro­gram­mation pour « refonder l’école » est l’occasion d’avancer en ce sens, s’il s’articule bien avec le débat annoncé pour la troi­sième phase de la décentralisation.

La loi d’orientation et de pro­gram­mation guidera en effet l’action des col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales à travers plu­sieurs sujets impor­tants. Ainsi, quel rôle sera celui du collège si « l’école du socle commun » prend forme sur toute la durée de la sco­larité obligatoire ?

Assurer la conti­nuité entre l’école mater­nelle (et plus lar­gement la petite enfance) avec l’école pri­maire et le collège unique impli­quera la mise en réseaux effective des écoles et des col­lèges, avec, sans doûte, la création de struc­tures de concer­tation, de coor­di­nation, sinon de déci­sions. On peut, en effet, ima­giner que la réfé­rence aux cycles d’apprentissage devienne la règle d’organisation péda­go­gique et que, par exemple, le CM2, la 6e et la 5e se suivent sans rupture dans une école qui fait avancer au lieu d’éliminer.

Bref, refonder l’école implique d’abord que l’on refonde l’école mater­nelle, l’école pri­maire et le collège, tel un tronc commun de la sco­larité obli­ga­toire afin de réduire les frag­men­ta­tions admi­nis­trative et pédagogique.

Autres questions essentielles :

-Quelle forme et quelles mis­sions pour un grand service public de l’orientation sco­laire et pro­fes­sion­nelle ? Sachant que les élèves et leurs parents sont concernés dès la classe de 3e.

-Quelles poli­tiques peuvent être mises en œuvre par l’Etat et les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales pour lutter contre le décro­chage sco­laire ? La sortie sans diplôme ou sans qua­li­fi­cation de 20% d’une classe d’âge chaque année est un échec national, qui s’aggrave dans la com­pa­raison internationale.

-Quels seront les nou­veaux rythmes de vie de l’enfant : à la journée ? à la semaine ? à l’année ?

-Comment assurera-​​t-​​on la néces­saire har­mo­ni­sation entre le temps de l’enfant et le temps des parents (et les consé­quences sur l’organisation des trans­ports sco­laires, de la res­tau­ration sco­laire, des acti­vités éduca­tives, spor­tives et culturelles…) ?

-Quelle nou­velle poli­tique en faveur de la sco­la­ri­sation en milieu rural ?

-Quelles formes d’accompagnement des jeunes et de leurs familles dans les « ter­ri­toires rur­bains » ayant, de plus en plus, des carac­té­ris­tiques sociales sem­blables à celles des quar­tiers dits « poli­tique de la ville » ?

Une véri­table refon­dation implique des réponses fortes et nou­velles à ces ques­tions, dans une forme nou­velle de coopé­ra­tions trans­ver­sales. Et comme on vient de le voir, tous ces actes de refon­dation qui enga­geront l’action de l’Etat et son ministère de l’Education nationale enga­geront aussi l’action des col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales dans leurs choix de poli­tique éducative.

C’est pourquoi, il paraît indis­pen­sable - condition de la réussite de « la refon­dation de l’école » - que les projets de loi mar­quant une nou­velle phase de la décen­tra­li­sation soient exa­minés et dis­cutés en conco­mi­tance avec le projet de loi d’orientation et de pro­gram­mation de l’école.

- Quelle sera demain la nou­velle carte politico-​​administrative de la France ? Les dépar­te­ments, les régions et les inter­com­mu­na­lités ont besoin que soient cla­ri­fiées et redé­finies leurs com­pé­tences. Et l’éducation sera au cœur des choix.

-Quels ter­ri­toires pour définir les projets éducatifs et sociaux pertinents ?

-Quelles nou­velles coopé­ra­tions ins­taurer pour mieux répondre aux besoins de notre jeu­nesse et de leurs familles ?

Les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales sont déjà for­tement engagées dans le temps sco­laire des élèves ; elles le sont encore plus hors du temps sco­laire. Toute refon­dation de l’école aura néces­sai­rement des consé­quences immé­diates dans la réa­li­sation des projets éducatifs, artis­tiques, sportifs, citoyens, avec : le concours du monde asso­ciatif de l’éducation popu­laire, des mou­ve­ments de jeu­nesse, des sports ; la par­ti­ci­pation ren­forcée des parents d’élèves et celle des jeunes eux-​​mêmes ; la recon­nais­sance effective des per­sonnels des col­lec­ti­vités comme des agents éducatifs de plein exercice.

D’autre part, les col­lec­ti­vités sont incon­tour­nables pour les néces­saires inves­tis­se­ments per­mettant l’appropriation des sup­ports et outils numé­riques. Il conviendra aussi de penser ou repenser les locaux sco­laires comme espaces culturels et sociaux du quartier, du village. Vaste chantier sans lequel la refon­dation de l’école ne trouvera pas son véri­table sens sociétal.

Si l’Etat est le garant de l’égalité de tous devant la loi, les col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales sont dans l’attente de règles et de mesures de péréquation finan­cière et fiscale. Une nou­velle loi de décen­tra­li­sation devra éviter que se pour­suivent les inéga­lités entre les ter­ri­toires (on cite souvent l’exemple de la commune dotée d’une piscine voisine d’une autre qui n’a qu’une mare aux canards !). L’inégalité entre les ter­ri­toires ne peut qu’aggraver les inéga­lités entre les citoyens, et d’abord entre les enfants. La réussite des jeunes a besoin de toute la société.

www​.prisme​-asso​.org

 

 

  • Adresse nouveau blog

    Vous pouvez me retrouver sur un nouveau blog, à l’adresse suivante   https://ww…
  • Quel bilan pour Lomme Educ’?

    L’année scolaire arrive bientôt à son terme. Nous avons réuni, il y a quelques jours, le c…
  • Les banlieues en plan

    Le Président de la république a une nouvelle fois choisit son camp en balayant d’un revers…
Charger d'autres articles liés
  • Adresse nouveau blog

    Vous pouvez me retrouver sur un nouveau blog, à l’adresse suivante   https://ww…
  • Quel bilan pour Lomme Educ’?

    L’année scolaire arrive bientôt à son terme. Nous avons réuni, il y a quelques jours, le c…
  • Les banlieues en plan

    Le Président de la république a une nouvelle fois choisit son camp en balayant d’un revers…
Charger d'autres écrits par toulouse2008
  • Les banlieues en plan

    Le Président de la république a une nouvelle fois choisit son camp en balayant d’un revers…
  • De Macron à Saint Just

    Il y a un an, une grande majorité de français votait contre Marine le Pen et Emmanuel macr…
  • Nous opposer à Macron et être clairs

      À quoi a servi le Parti socialiste pendant le quinquennat? « Le Parti propose, le P…
Charger d'autres écrits dans Actualités

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Madame la Ministre, changez de cap!

Lomme, le 24 octobre 2014    Madame la Ministre de l’Education Nationale Le gouvernement a…