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Nous vivons une époque formidable !

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https://uneepoque.wordpress.com/

Nous vivons une époque formidable !

 

Le congrès du Parti Socialiste arrive à grands pas et le temps des contributions en vue de ce congrès est venu.

J’ai signé, avec neuf autres militants et élus de la Fédération du Nord une contribution à vocation économique que je vous propose de découvrir ci dessous.

N’hésitez pas à la commenter, à en dire tout le bien ou le mal que vous en penser et à l’enrichir de nouvelles idées.

10.

Nous sommes 10 militantes et militants du Nord, du Nord au Sud de notre grande et belle fédération.
Nous l’aimons et militons dans nos communes, nos sections, notre fédération et sommes engagés politiquement pour nos concitoyens et les valeurs de la Gauche.
Nous contribuons pour que le Congrès de Poitiers puisse servir et être utile à notre parti.
Nous n’avons pas la prétention de tout savoir, ni de tout révolutionner mais entendons la colère notamment de nos électeurs et de nos militants.
Alors oui, à 10, nous vous écrivons pour vous dire que nous vivons une époque formidable…

Olivier CAREMELLE, Lomme
Véronique BACLE, Lille
Guillaume BLANC, Lille
Charlotte BRUN, Lille
Angélique DEFFONTAINE, Willems
Frédéric DIVINA, Hautmont
Laurent HOULLIER, Rieulay
Kamel KHELLAF, Grande-Synthe
Alexandra LECHNER, Lille
Jérôme ROUSSEL, Lambersart

Nous vivons une époque formidable…

Nous vivons une époque formidable dans laquelle de nombreux signaux sont passés au rouge vif, sans que pour l’instant, les dirigeants politiques du monde ne prennent réellement conscience du danger qui nous guette mais peut-être n’ont-ils simplement pas l’audace ni le courage de s’y attaquer.

Le monde qui s’est fabriqué pendant des millénaires est entré depuis deux siècles dans des révolutions démographiques, agricoles et technologiques qui ont transfiguré notre planète soumise, de plus en plus, à la pression de l’espèce humaine, au point que certains scientifiques, de plus en plus nombreux, affirment que nous sommes entrés dans une nouvelle période géologique. Après l’Holocène, nous entrerions dans l’ère de l’Anthropocène.

Nous vivons une époque formidable dans laquelle les dangers se multiplient alors que nos dirigeants politiques restent, au mieux, pétrifiés par les crises qui nous touchent.

Évidemment, ni l’Europe, ni la France n’échappent à ce constat, fort de l’inertie de l’Union Européenne et de ses limites.

La pusillanimité des politiques menées à l’échelle européenne couplée à celles de la France nous empêche de répondre aux défis environnementaux et économiques et nous entraîne inexorablement vers le déclassement. La pauvreté et la précarité augmentent pour certains, les plus nombreux, alors que les plus aisés augmentent leur richesse.

Les richesses du monde sont divisées en deux : près de la moitié est entre les mains des 1 % les plus riches (110 000 milliards de dollars), tandis que 99 % de la population mondiale se partagent l’autre moitié.

La création de la CEE puis de l’UE ont été une réponse utile au lendemain des grands conflits mondiaux pour apporter un projet économique et surtout assurer la paix mais les élargissements multiples et la faiblesse des institutions européennes rendent indispensables un nouveau souffle, impossible dans les conditions et le modèle actuels.

Personne n’a besoin de ce combat, qu’on appelle compétitivité, entre nations à l’échelle de notre Europe dans laquelle nos partenaires sont, avant tout, vus comme nos concurrents.
Le débat démocratique et la construction d’une Europe solidaire et citoyenne ne pourront reposer que sur un nouveau système politique parlementaire dans lequel les citoyens européens auront vraiment la parole.

Comment pouvons-nous retarder encore davantage cette question démocratique ainsi que la construction d’une Europe sociale sans prendre le risque de faire imploser l’Union Européenne à très court terme ?

Le traité social, qui prendra du temps, doit évidemment lutter contre le dumping social et fiscal qui prolifère depuis trop longtemps et être construit sur des critères sociaux de convergences.

Les solutions existent, identifiées et construites par des partis politiques, des syndicats et des citoyens. Seule la volonté et le courage politique manquent aujourd’hui alors que la France aurait dû prendre toutes les initiatives dès 2012 pour renégocier les traités et impulser le changement de cap politique et économique d’une Europe aujourd’hui ultra-libérale.

Demi-bonne nouvelle, onze pays se sont déjà entendus pour créer, dès que possible, une taxe Tobin, prélude d’une fiscalité et d’un budget européen indispensables.

Il faudra aller plus loin et créer de nouvelles sources de financement par un impôt européen sur les bénéfices pour alimenter un budget Européen ambitieux.

Nécessité donc de la création d’une Europe sociale et démocratique mais aussi d’une « Europe verte » pour lutter efficacement, sur notre continent, contre toutes les atteintes faites à notre environnement et ses conséquences sociales.

Si la mobilisation des Etats, au plus fort de la crise, a été massive pour sauver les banques, nous avons impérativement besoin d’une politique d’investissement au moins de même ampleur pour sauver le climat et plus largement notre écosystème.

Les réponses à la crise écologique sont trop souvent partielles et font toujours les frais de contraintes budgétaires alors que c’est là une dette inestimable qui est en train de s’accumuler, non pas seulement pour les générations futures mais pour l’humanité toute entière.

La croissance spectaculaire depuis deux siècles basée sur la consommation effrénée s’est faite au détriment des ressources collectives et épuisables de notre planète et le développement des pays émergents rendent indispensable un nouveau modèle de développement.

La pression imposée par l’espèce humaine sur la terre est insoutenable alors que nous détruisons massivement nos ressources halieutiques, nous accélérons la déforestation, intensifions nos agricultures, asséchons lacs et rivières, polluons gravement et regardons tout cela de loin, peu concernés par le film de notre propre déchéance programmée.

Chaque année, le jour du dépassement, jour à partir duquel nous consommons plus de ressources naturelles que la planète en produit, tombe un peu plus tôt !

La biodiversité, attaquée de toutes parts, est mise à mal : les experts considèrent que le nombre d’espèces n’a jamais autant déclinée chaque année. Nous sommes à l’aube de la 6ème extinction.

Pourra-t-on compter demain sur l’engagement des Etats et de l’Union Européenne pour prendre conscience du scénario déjà largement écrit et prendre des décisions concrètes et rapides afin de limiter les conséquences de nos actes ?

Tous les spécialistes décrivent l’ampleur des conséquences en cours et pour partie irréversibles : changement climatique, multiplication des accidents météorologiques, montée des eaux sans que le souffle de la responsabilité n’émeuve plus que cela nos dirigeants !

Quelles seront la portée et l’action de la prochaine COP21 organisée à Paris en 2015 ?

Pourtant, là encore, des solutions existent, portées localement par des citoyens, des associations ou des collectivités comme le réseau des villes entrées en transition telles Grande-Synthe ou Loos en Gohelle dans la région Nord Pas de Calais.

Nous vivons une époque formidable dans laquelle de nouveaux repères et une nouvelle façon de vivre doivent s’installer avant qu’il ne soit trop tard.

Le volontarisme des Etats doit être plus clair, plus tranché afin d’investir dans une nouvelle économie plus sobre en énergie, plus solidaire en terme de travail, plus respectueuse des travailleurs, de notre environnement, de nos richesses et de nos biens communs.

À cet égard, nous devrons imposer un nouveau modèle agricole, moins intensif et moins polluant, privilégiant la qualité des produits, les circuits courts tout en modifiant, aussi, pour des raisons de santé, notre alimentation.

Le défi énergétique est, de même, devant nous.

L’atome ne peut plus, en France comme ailleurs, rester la pierre angulaire de notre production énergétique.
Le risque est démesuré et nous sommes déjà comptables des accidents et des pollutions qui ont déjà vitrifié bien des régions et tué trop de populations.

La réduction, puis la fin, de la production électrique d’origine nucléaire est indispensable.
L’adaptation de notre tissu productif, la sobriété énergétique de nos habitats et bâtiments, l’abandon des ressources fossiles au profit de celles renouvelables sont indispensables pour réussir la transition énergétique notamment avec le défi du stockage des énergies renouvelables.

Nous vivons une époque formidable dans laquelle nos ingénieurs et notre recherche peuvent nous permettre de relever tous ces défis à la condition d’investir massivement dans les projets porteurs.

Le troisième enjeu pour l’Europe et la France est évidemment d’ordre économique.

Jamais la production de richesses n’a été aussi forte et massive.

Jamais les inégalités n’ont été aussi redoutables laissant des millions de français interdits de consommer pour vivre, de se déplacer et même d’espérer.

Ces inégalités marginalisent des millions de français, les limitant dans leurs déplacements et pire encore, en leur ôtant tout espoir d’une vie meilleure pour eux et leurs enfants.

Le pays est sous tension, la colère gronde alors que le triomphe de la cupidité semble inexorable.

Qui ne voit là, la fin d’un système ?

Omniprésente depuis 30 ans, la crise est devenue « naturelle et fatale », voire un instrument de gestion pour les financiers et les promoteurs d’une économie de rentiers.

À l’échelle du monde, les flux spéculatifs vont et viennent, s’affranchissant sans problème des frontières bloquant pourtant les populations et les fixant dans leur misère.

Ce scénario du pire se déroule sous nos yeux, dans nos territoires, dans nos villes alors que les élus locaux sont en première ligne.

Le chômage continue d’augmenter de manière inexorable, plus de 330 000 nouveaux demandeurs d’emploi pour 2013, alors que le nombre de radiations explose cachant les vrais chiffres de ce désastre humain.

Comment s’étonner de l’augmentation de la pauvreté et de la précarité vécues au quotidien par des millions de familles?
Les CCAS de nos collectivités font le maximum mais sans pouvoir régler massivement les situations de pénurie de ressources, d’emploi ou encore de logements.

9 millions de français vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Comment s’étonner de la colère grandissante chez nous comme ailleurs ?

Le constat est sans appel.

La stratégie de la politique de l’offre est un échec. Elle offre aux entreprises l’opportunité de bénéficier de baisses massives de cotisations, sans contreparties concrètes de création d’emplois. Pire, les grandes entreprises viennent d’augmenter leurs dividendes de 30% !

10 milliards d’euros pour combien d’emplois réellement créés ?

La politique d’austérité menée, afin de combler le plus rapidement possible le poids de notre dette, près de 90 % du PIB, aggrave la situation, raréfie les ressources et bloque la demande.

Comment les entreprises pourraient-elles embaucher alors que les carnets de commandes sont vides ?

Les grands du CAC 40 doivent donner l’exemple, accepter une baisse de leur rentabilité, investir, embaucher et faire travailler leur réseau de sous-traitants, ces TPE/PME qui maillent la France de l’emploi.

50 milliards de coupe dans les budgets publics n’auront pas raison de la dette mais alimenteront la crise en asséchant l’investissement des collectivités et la demande de la consommation.

L’austérité en vient même à faire baisser la consommation en produits alimentaires des ménages !

La première attente des français envers le gouvernement est claire : une autre politique favorisant massivement et durablement l’emploi.

Depuis maintenant plus de 20 ans dans tous les pays développés, le chômage ne régresse plus. Il s’est stabilisé entre 5 et 10%. A ce chômage s’ajoute la précarité. Contrats de durée de travail de quelques semaines, temps partiels non choisi… Chômeurs, précaires et travailleurs pauvres représentent aujourd’hui près d’un tiers de la population active dans les pays développés.

L’expansion de ce sous-emploi possède plusieurs causes dont la principale est le ralentissement de la croissance économique, avec des perspectives pour les années à venir qui ne sont pas rassurantes dans ce domaine.
La part croissante de l’automatisation et le développement de l’industrie numérique vient également bouleverser nos vieilles sociétés industrielles et le modèle salarial tel qu’on le connaît aujourd’hui.

La fin de l’emploi tel que nous le connaissons actuellement est en marche.

Retrouver d’autres manières d’établir ou de rétablir le lien social par d’autres formes d’activité qui ne seront pas « emploi salarié » apparaît indispensable. Il faut donc accepter d’autres moyens de distribution du revenu que le seul travail.

Il nous faudra poser la question des conditions de travail : la productivité et l’intensification du travail détruisent la santé de nombreux salariés, et ce sont le plus souvent ceux qui ont des emplois précaires et sous-payés !!

Il faut aussi accepter que la réduction et le partage du temps de travail restent les meilleures solutions pour accompagner les révolutions technologiques et les gains de productivités qui pèsent sur l’emploi global.

Ainsi, entre 1997 et 2002 , les politiques économiques et sociales menées par Lionel Jospin et Martine Aubry nous ont permis d’obtenir de bons résultats, combinant à la fois le soutien ( trop mesuré) à la consommation, le développement des emplois aidés ( fort utile dans de nombreux secteurs) et le partage du temps de travail, mesure emblématique.

3% de croissance par an, 930 000 chômeurs en moins, 2 millions d’emplois créés…les chiffres parlent d’eux-mêmes, même si la conjoncture était, il est vrai, très différente.

Oui, les 35 heures restent une bonne idée,
(sinon, pourquoi la droite, au pouvoir pendant 10 ans, ne les a-t-elle supprimé ?), oui elles méritent d’être généralisées avec conviction pour offrir à tous une part de travail réclamé à défaut d’être obtenu.

Dernières grandes mesures issues des luttes sociales, du combat acharné à trouver un équilibre entre le travail et le salaire, les lois Aubry sont les héritières de l’interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans ( 1841), de la loi limitant la durée du travail journalier( 10h par jour en 1900), de la limitation de la semaine de travail (48h en 1919), des 40 heures et des congés payés de 1936, de la 3ème et 4ème semaine de congés payés ( 1956 et 1963), des 39 heures et de la 5ème semaine de congés en 1982…

Chronique d’une mort annoncée, les 35 h comme hier les 48h, les 40 h… sont stigmatisées et instrumentalisées politiquement pour dénoncer la France paresseuse et les errances de la gauche ayant commis l’irréparable, « erreur majeure de la politique économique et sociable menée entre 1997 et 2002 ».
Il faut pourtant aujourd’hui aller plus loin. Face à un tel chômage et des perspectives de croissance aussi basses, il n’y a pas d’autres solutions que de rouvrir la question de la durée du travail et de s’engager vers la semaine de 4 jours, soit 32 heures hebdomadaires, durée qui permettra de partager l’emploi salarié existant.

Il nous faudra poser la question des conditions de travail : la productivité et l’intensification du travail détruisent la santé de nombreux salariés, et ce sont le plus souvent ceux qui ont des emplois précaires et sous-payés !!

Travailler beaucoup plus, mais tous ensemble collectivement et moins individuellement, voilà la solution : aller vers l’intelligence collaborative.

Audibles, les socialistes le seront à nouveau lorsqu’ils réaffirmeront la nécessité impérieuse de construire une société de plein emploi, durable dans un milieu de travail »sûr et sain » tandis que les fruits du travail seront mieux répartis.

Les politiques de la Droite portent en elles un venin dangereux, celui de faire croire que le travail ne se partage pas, opposant durablement les uns et les autres. Il nous faudra de la même manière nous engager sur le front des salaires, permettant aux uns et aux autres de vivre de sa juste rémunération. Les efforts consentis hier doivent trouver demain un débouché pour que les salariés ne se sentent pas floués. C’est une question de justice sociale

À défaut, le chômage continuera inexorablement d’augmenter et fragmentera encore davantage notre société et nous rendra une nouvelle fois politiquement impuissant.« 

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