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« Réfugiés : l’Europe se désintègre »

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Motion votée par le Conseil fédéral du 10 mars 2016

Fédération du Nord du Parti socialiste

« J’ai souhaité déposer une motion lors du dernier Conseil fédéral, motion relative à la crise européenne que rien ne semble arrêter. La question migratoire n’est qu’une partie de cette polycrise. Sachons retrouver raison. Sachons retrouver nos valeurs de socialistes afin de continuer la construction européenne en pouvant nous regarder dans la glace sans rougir… »   Olivier Caremelle

L’Europe est en crise. Multiples, durables, profondes, ces crises  menacent, comme jamais, l’avenir de la construction de l’Europe et des peuples qui la composent.

 L’actualité liée aux migrants nous le signale tous les jours : la construction européenne est en panne et menacée de régression sur ce sujet comme sur tant d’autres.

 L’Europe est pourtant, en tant que socialiste, notre histoire commune, notre passé et notre avenir, garantie de la paix et de l’affermissement de la démocratie. 

Pourtant aujourd’hui la défiance a supplanté le projet européen et creusée le déficit démocratique. Il est vrai que les orientations libérales de l’Europe, les cures d’austérité drastiques imposées aux pays et peuples et le repli nationaliste de quelques pays ont largement alimenté cette défiance.

L’Europe est à ce titre à la croisée des chemins symbolisée par la menace de « Brexit » et de dilution du fait européen.

 C’est dans ce contexte troublé que la crise migratoire vient, de la même manière, révéler les difficultés de l’Union Européenne.

Le Monde titrait samedi 27 février à sa Une «  Réfugiés : l’Europe se désintègre »

 Les causes immédiates des migrations sont largement connues : les guerres en Syrie ou en Irak, en Afghanistan ou au Soudan, les camps de réfugiés, saturés et bondés dans les pays limitrophes, la montée des dictatures, le chaos politique et économique entrainant des pauvretés dramatiques et la crainte d’un avenir sombre.

 A toutes les échelles, en Europe l’échec est patent.

Les campements se multiplient sur la route des Balkans, en Grèce, en Turquie mais aussi sur notre propre territoire national à Calais évidemment (depuis prés de 20 ans….) mais aussi à Grande-Synthe, à Steenvoorde, à Norrent Fontes, à Angres, bientôt à Dieppe ou Cherbourg et sur le littoral belge. Là ou en définitive les réseaux de passeurs organisent le transit vers l’Angleterre à des conditions pécuniaires redoutables : 5 à 10 000 euros par personne.IMG_20160303_101244

 Ces camps, qui en France se densifient, sont aussi la conséquence de la fermeture, à triple tour, décidée en juillet 2015 de la frontière « physique » avec l’Angleterre, agglomérant le flux de réfugiés souhaitant migrer Outre-Manche.

 Arrivant en France et en bout de ligne, à Calais ou Grande-Synthe, les réfugiés ne peuvent ni aller plus loin, ni rebrousser chemin, sans vouloir prétendre à demander l’asile en France. C’est aussi, disons le, un signe redoutable : celui d’une France vue comme une terre inhospitalière.

 L’année 2015 aura été terrible avec la montée en puissance des migrations liées aux guerres et aux conflits, en Syrie, en Irak notamment  et des tentatives désespérées de passer de l’autre côté de la méditerranée dans une Europe vue comme un Eldorado.

 L’Allemagne a pris à ce moment, quasi seule, ses responsabilités, la chancelière Merkel décidant de manière unilatérale de relâcher les règles de Dublin sur l’asile pour pouvoir accueillir en Allemagne les réfugiés qui, par centaines de milliers maintenant, fuient les massacres de Syrie.

 Comment accepter d’entendre quelques mois plus tard un Premier Ministre français critiquer à Munich ouvertement les positions prises par l’Allemagne et remettre en cause la proposition d’instaurer un mécanisme de répartition permanent des réfugiés ?

 Est-ce là notre idéal de socialistes, fervent partisan de la construction européenne ?

 Est-ce là notre idéal de socialistes, là où dans tous nos Congrès et dans toutes nos responsabilités nous prônons générosité, solidarité et humanité ??

 Le Gouvernement français avait  été déjà frileux, répondant partiellement au plan Junker et s’engageant à accueillir 24000 réfugiés. De fait, aujourd’hui en France comme ailleurs le processus de relocalisation étendu à 160 000 réfugiés est en panne complète.

 Mais quelle est donc la position de la France aujourd’hui sur la question des réfugiés ?

Cette émotion a pourtant permis tout au long de l’année 2015 à l’Union Européenne de prendre quelques décisions, notamment renforcer le contrôle des frontières extérieures et essayer de contrôler le flux des migrations aux entrées de l’Union. C’est d’ailleurs ce qui semble réunir à minimum tous les pays européens en donnant plus de moyens à Frontex pour sécuriser et protéger les frontières, signe évident de l’attitude de l’Europe sur le dossier des migrations.

 L’UE a également décidé de mettre en place un mécanisme provisoire de répartition des réfugiés et une coopération avec les pays « d’origine et de transit ».

L’UE attribue également des aides financières aux pays voisins de la Syrie afin de favoriser l’accueil des populations en Turquie  par exemple dans lequel vivent aujourd’hui plus de 2,5 millions de Syriens !

 Nos députés européens doivent faire entendre leur voix.

 Nos députés européens doivent faire entendre notre voix, celle de nos militants.

 Chacun voit bien aujourd’hui cette tentation d’externaliser le problème en endiguant les migrants et réfugies dans les camps au Liban, en Turquie et par la création des Hot spots en Grèce.

Leur fonctionnement pose encore des questions : lieux de rétention ou lieux d’accueil permettant ensuite la relocalisation ?

 La situation n’est guère meilleure dans les pays d’accueil, en Europe.

 L’engorgement en France des camps de Calais et de Grande-Synthe est inadmissible,  témoin des limites de l’accueil  des migrants et des réfugiés en France.

Plus de 6000 personnes vivent encore dans ces deux camps dans des conditions indignes d’un pays tel que le nôtre.

Si l’Etat à déployé partiellement des moyens à travers la construction du centre d’accueil permanent à Calais pour 1500 personnes, il n’a, à l’heure actuelle, mobilisé aucune ressources pour le Dunkerquois  laissant se construire « le camp de la honte ».

Pire, le gouvernement est dans le déni laissant les conditions de vie se dégrader espérant que les réfugiés, accablés, partiront vers la Belgique.

 Aujourd’ hui ce n’est plus seulement  Calais mais l’ensemble de la façade maritime de la mer du Nord (et bientôt la manche) qui est concernée.IMG_20160307_113010

  Les propositions pourtant ne manquent pas pour sortir de la crise migratoire.

 ∙D’abord la renégociation avec le Royaume- Uni des règles d’entrée sur le territoire britannique.

Il faudra revoir la double barrière juridique du traité du Touquet  et des accords de Dublin 3.

Si le problème est global, à l’échelle de l’UE, la solution doit être aussi globale.

 ∙Il conviendrait que la France puisse dans la perspective de trouver de nouvelles règles quant aux migrations initier très rapidement une conférence internationale, comme la proposé le Premier Secrétaire, sur ce sujet et répondre à une double urgence : celle des migrations à venir, des flux qui arriveront demain en Europe ( plus d’un million de personnes annoncées) et des conditions d’accueil des populations entrées sur le territoire européen.

 ∙Il faudra également résoudre la question de l’espace de Schengen alors que des membres de l’UE ferment unilatéralement leurs frontières ou établissent des quotas de migrants provoquant sur le chemin des Balkans d’extraordinaires difficultés.

 C’est ainsi déjà le cas en Autriche qui a limité les « migrants en transit » à 3200 par jour mais aussi de la Slovénie et de la Croatie. Alors que seule une réponse collective permettrait de faire face, de plus en plus de pays décident de manière unilatérale d’un repli sur soi rétrécissant la route des Balkans.

On assiste déjà aux conséquences pour la Grèce clairement menacée d’une crise humanitaire inégalée, Grèce qui a déjà reçu entre janvier et février 2016 des dizaines de milliers de réfugiés.

 ∙Des voies d’urgence légales et sûres doivent être ouvertes pour ceux qui se trouvent dans des pays Tiers ( Liban, Jordanie, Libye..) et qui souhaiteraient rejoindre l’Europe sans risquer leur vie et sans avoir recours aux passeurs.

 Rendre en définitive les frontières intelligentes, là ou les réponses d’aujourd’hui consistent à élever des murs, des barrières et des barbelés. Malgré tout cela, malgré ces tentatives d’élévation de murs, malgré le coût, faramineux, de la dissuasion, malgré les patrouilles censées maintenir à distance les migrants, ceux-ci cheminent jusqu’à nous en prenant de plus en plus de risques et favorisant la fortune des réseaux de passeurs. Lorsqu’ils arrivent à Calais ou à Grande-Synthe, après avoir parcouru des milliers de kilomètres, les réfugiés peuvent toucher du regard l’Angleterre…Pas plus !

 ∙Enfin comme l’Union Européenne le fait déjà, il faudra multiplier les aides techniques et financières vers les ONG et  les pays Tiers. Trois milliards sont ainsi destinés auprès de la Turquie pour aider ce pays à recevoir les 2.5 millions de réfugiés syriens présents sur leur sol alors que le coût est estimé à plus de 7 milliards d’euros. L’UE vient aussi de décider d’une aide financière d’urgence pour la Grèce pour près de 700 millions d’euros.

 La France, dans ce contexte, doit reprendre, avec l’Allemagne, l’initiative. C’est au couple Franco –Allemand de peser sur l’Union Européenne et ses états membres pour sortir de l’impasse. A défaut, l’Union Européenne explosera.

 Enfin le gouvernement doit, au-delà des moyens financiers annoncés d’ici 2017, plus de 600 millions d’euros, pour financer l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile en France régler la situation des camps de la région Nord pas de calais/Picardie notamment de Calais et de Grande-Synthe.IMG_20160308_165749

 Personne ne demande le statut quo car il n’y a pas de solutions dans ces camps mais les seules réponses ne peuvent être de

rebrousser chemin ou de chercher d’autres points de passage pour les réfugiés.Il est particulièrement indécent de laisser aujourd’hui des associations, des ONG et des collectivités  devoir créer en France, en 2015, un camp humanitaire à Grande-Synthe pour se substituer à l’Etat ! Il ya pire que le mépris, il y l’ignorance !

 La promotion du droit d’asile et du travail de l’OFPRA et de l’OFII doivent s’accélérer afin de proposer des solutions individuelles aux réfugiés.

La France est une terre d’asile et un pays hospitalier.

 Il revient au gouvernement de prendre toutes ses responsabilités afin d’héberger de manière digne tous ceux et celles qui aujourd’hui vivent dans le froid et la boue même si ceux-ci ne veulent, dans un premier temps, faire valoir leur droit à l’asile en France. Ce faisant c’est l’image de la France qui est flétrie. Ce faisant c’est notre condition de socialiste qui est attaquée.

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