Accueil Actualités le Front populaire « nourrit notre réflexion et éclaire notre avenir ».

le Front populaire « nourrit notre réflexion et éclaire notre avenir ».

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Nous commémorons en ces mois de mai et juin 2016, les 80 ans de l’élection du Front populaire.

C’est aussi et surtout se souvenir, alors que la mémoire peut être altérée, de l’histoire du premier gouvernement d’une gauche unie que la France a connu : le Front Populaire, né dans un contexte pour le moins menaçant, celui déjà des menaces de l’extrême droite .

A l’issue du second tour, le 3 mai 1936, la victoire est triomphale ; le Front populaire obtient 386 élus sur 608 : 149 socialistes, 72 communistes (au lieu de 11 en 1932), 56 divers gauche (socialistes-communistes, Union socialiste-républicaine, Gauche indépendante, …) et 109 radicaux.

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Léon Blum préside le Gouvernement, sans détenir aucun autre portefeuille ministériel. Les radicaux participent au gouvernement nettement placé sous direction socialiste; les communistes pratiquent « le soutien sans participation ». Trois femmes sont nommées sous-secrétaires d’État.

 Le 6 juin il présente devant les chambres trois grands trains de mesures.

La Chambre des députés vote la confiance par 384 voix contre 210. A peine le gouvernement constitué, il faut tenter de mettre fin aux grèves qui ont éclaté dès le mois de mai, en province puis à Paris. Le mouvement prend une ampleur sans précédent : 12 000 grèves, dont la moitié dans la région parisienne, fréquemment avec occupation des lieux de travail. Le mouvement traduisant une impatience sociale grandissante s’étend notamment aux mines, au secteur du bâtiment aux grands magasins, aux maisons de haute couture, aux cafés. Le ministère du travail recense 1 830 938 grévistes au mois de juin. A partir du 12 juin, le mouvement de grève est en reflux.

Le 5 juin 1936, une négociation, présidée par Léon Blum, assisté des deux ministres Roger Salengro et Marx Dormoy et de Jules Moch, réunit à l’Hôtel Matignon les représentants du patronat (la CGPF) et la CGT. Dans la nuit du 7 au 8 juin sont signés les accords Matignon.

Ils prévoient une revalorisation des salaires, l’exercice du droit syndical, l’élection de délégués ouvriers dans les établissements de plus de dix salariés, l’engagement des ouvriers de mettre fin aux grèves. Ils sont complétés par la loi sur les congés payés accordant quinze jours de vacances aux salariés et la loi fixant à 40 heures la durée hebdomadaire du travail.

 

Trois réformes de structure sont adoptées pendant l’été : la création de l’Office national interprofessionnel du blé, qui a pour mission de fixer chaque année le prix du blé; la nationalisation des industries de guerre (loi du 12 août 1936) ; la réforme de la Banque de France : la loi du 24 juillet 1936 attribue le droit de vote aux assemblées générales à l’ensemble des 40 000 porteurs d’actions et remplace le conseil des régents par un conseil général de 230 membres. Les projets de loi sur les 40 heures, les contrats collectifs et les congés payés déposés le 9 juin sont discutés et votés les 11 et 12 à la Chambre et les 17 et 18 au Sénat. D’autres lois complètent les réformes sociales engagées :amélioration des assurances sociales et de certaines allocations de chômage, retraites des mineurs, suppression des prélèvements de 10% sur les salaires et les pensions introduits par décrets-lois.

 

Le bouleversement de la représentation parlementaire, l’intensité de l’activité gouvernementale et la mobilisation sociale contribuent à changer la perception de l’État par les ouvriers.

Une nouvelle politique culturelle vise à populariser le savoir. Jean Zay, Ministre de l’éducation nationale, fait voter la loi du 9 août 1936 portant de treize à quatorze ans l’âge de la scolarité obligatoire.

Léo Lagrange, Sous-secrétaire d’État à l’organisation des loisirs et aux sports, obtient des compagnies de chemin de fer le « billet populaire de congé annuel » et, grâce aux congés payés, plusieurs centaines de milliers d’ouvriers peuvent prendre des congés pour la première fois au cours du bel été 36.

 En deux ans seulement, entre 1936 et 1938, ce gouvernement de gauche fut à l’origine d’avancées sociales considérables, qui ont révolutionné la société française de l’époque.

Comme l’écrivait hier  Jack Lang dans sa préface, le Front populaire « nourrit notre réflexion et éclaire notre avenirtéléchargement

Ce qui est frappant chez le Front populaire, ça a été sa capacité à changer profondément la société en aussi peu de temps. En douze semaines 24 lois sociales à application immédiate sont proposées et votées au parlement.

Chacun d’entre nous dans son histoire a un rapport avec le Front populaire, celui d’une histoire racontée par ses parents, grands parents ou arrière grands parents qui ont vu, dans le bon sens, leur vie et leur condition de travail changé quelquefois de manière radicale

Le Front populaire a posé les bases du modèle social français avec force, vigueur et le soutien de l’opinion publique.

Souvenons en avec acuité aujourd’hui et demain!

 

Les accords de Matignon

(7 juin 1936)

« Les délégués de la Confédération générale de la production française et de la CGT se sont

réunis sous la présidence de Monsieur le Président du Conseil, et ont conclu l’accord ci-après,

après arbitrage de Monsieur le Président du Conseil :

 

Art.1. La délégation patronale admet l’établissement immédiat de contrats collectifs de

travail.

 

Art.2. Ces contrats devront comprendre notamment les articles 3 à 5 ci-après.

 

Art.3. L’observation des lois s’imposant à tous les citoyens, les employeurs reconnaissent la

liberté d’opinion, ainsi que le droit pour les travailleurs d’adhérer librement et d’appartenir à

un syndicat professionnel constitué en vertu du livre III du Code du travail. Les employeurs

s’engagent à ne pas prendre en considération le fait d’appartenir ou de ne pas appartenir à un

syndicat pour arrêter leurs décisions en ce qui concerne l’embauchage, la conduite ou la

répartition du travail, les mesures de discipline ou de congédiement (…)

 

Art.4. Les salaires réels pratiqués pour tous les ouvriers à la date du 25 mai 1936 seront, du

jour de la reprise du travail, rajustés suivant une échelle décroissante commençant à 15% pour

les salaires les moins élevés pour arriver à 7% pour les salaires les plus élevés, le total des

salaires de chaque établissement ne devant, en aucun cas, être augmentés de plus de 12% (…)

 

Art.5. En dehors des cas particuliers déjà réglés par la loi, dans chaque établissement

comprenant plus de dix ouvriers, après accord entre organisations syndicales, ou, à défaut,

entre les intéressés, il sera institué deux ou plusieurs délégués ouvriers selon l’importance de

l’établissement. Ces délégués ont qualité pour présenter à la direction les réclamations

individuelles qui n’auraient pas été directement satisfaites, visant l’application des lois,

décrets, règlements du Code du travail, des tarifs de salaires, et des mesures d’hygiène et de

sécurité (…)

 

Art.6. La délégation patronale s’engage à ce qu’il ne soit pris aucune sanction pour faits de

grève.

 

Art.7. La délégation confédérale ouvrière demande aux travailleurs en grève de décider la

reprise du travail dès que les directions des établissements auront accepté l’accord général

intervenu et dès que les pourparlers relatifs à son application auront été engagés entre les

directions et le personnel des établissements. »

 

 

 

 

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