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L’éducation en marche…arriére

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A l’épreuve du pouvoir, Edouard Philippe, Premier Ministre « LR » devra mettre en œuvre le programme d’Emmanuel Macron.7 Olivier CAREMELLE

Dans le domaine de l’éducation comme dans sur de nombreux autres thèmes,  les défis sont importants.

Les différents gouvernements ont œuvré depuis 2012 pour consolider l’école de la République en redonnant des moyens humains qui avaient été pendant prés de 10 ans asséchés par la droite entre 2002 et 2012.

Près de 60000 équivalents temps pleins ont été ainsi déployés pour régénérer la formation initiale des enseignants, redonner la priorité au primaire et améliorer l’accueil et le travail avec les élèves.

Cette refondation de l’école aujourd’hui n’est pas achevée et mérite d’être amplifiée afin de ne pas casser les dynamiques des réformes entreprises. Celles relatives au rythme scolaire ou à la réforme du collège demandent du temps afin de produire leur effet et il serait hasardeux de bousculer une nouvelle fois les équilibres trouvés.

La continuité de l’action est nécessaire dans l’Education nationale qui a besoin de stabilité, et de lisibilité dans les décisions prises pour un « temps long ».

Au-delà de la simple question des moyens, c’est évidemment la lutte contre les inégalités qui doit être au cœur de la transformation de l’école afin que celle-ci réduise la fracture sociale et ne fabrique plus les « exclus de l’intérieur ».

Nous ne pourrons jamais nous satisfaire d’une école d’apparence monolithique et qui en définitive avance au moins à deux vitesses dans le service public et reste aussi en compétition et sous la menace de l’enseignement privé, même sous contrat.

Nous le voyons tous les jours sur nos territoires, même si nous nous appliquons à créer des politiques éducatives locales ambitieuses.

Qui aujourd’hui peut dire que notre école fonctionne globalement plus mal qu’hier alors que nous en avons fait une priorité absolue pendant 5 ans ?

Les risques aujourd’hui paraissent devant nous.

 L’éducation est en passe de ne plus être une priorité absolue.

D’abord lié à la volonté du Président, du Premier Ministre et du Ministre des comptes publics  de supprimer, sur la mandature, 120000 postes de fonctionnaires.

Les besoins pourtant sont importants pour notre sécurité, notre défense, nos hôpitaux et bien sur le système éducatif, de l’école à l’université.

C’était déjà avec Nicolas Sarkozy l’ambition démesurée et idiote de « faire mieux avec moins » !

 Les menaces qui pèsent par exemple sur la réforme des rythmes sont un signe précurseur de la volonté de faire autrement et de rompre sous couvert d’autonomie, « le libre choix des communes », de continuer ou non d’appliquer la semaine scolaire sur cinq jours, en lien avec les activités péri-éducatives.

Offrir le choix conduira inéluctablement des communes et des écoles à choisir par confort le retour de la semaine à 4 jours, préférant de fait le rythme des parents à celui des élèves.

Tout ca pour ca ?

Offrir le choix conduira inéluctablement le gouvernement à raréfier les aides publiques, aides nécessaires pour créer des activités péri-éducatives de qualité et gratuites !

Comment à Lille, Lomme, Armentières ou partout ailleurs ferons nous, si l’état décide unilatéralement de nous sanctionner alors que le consensus est maintenant quasi général dans le pays et que nous avons trouvé entre les communes, les écoles et les parents un équilibre ?

Sans aides et sans moyens, quels choix feront les communes qui ont construits des PEDT ou des projets éducatifs globaux sinon de revenir à l’âge de pierre : l’entretien des bâtiments la fourniture de matériel !

L’autre mesure phare laisse circonspect : limiter à 12 élèves les classes de CE1/CP dans les REP et REP+.

Suffira t-il de baisser les effectifs pour que la réussite et les apprentissages s’améliorent ?

Les études sur ce sujet montrent qu’il faut en effet une baisse sensible de ces effectifs mais qu’il est également nécessaire d’avoir un changement de pédagogie.

L’autre question est très pratique : c’est celle des locaux. Il nous faudra par exemple près de 13 classes à Lomme pour dédoubler les CP /CE1 inscrits en rep !

A Lomme comme ailleurs nous ne pourrons mettre toutes les classes à disposition puisque nos écoles sont, pour une partie d’entre-elles, déjà en voie de saturation et que n’avons ni les moyens, ni la place pour construire des classes dont nous aurions besoin.

Nous attendons d’ailleurs, péniblement, l’ouverture d’une classe l’an prochain pour désengorger une partie des effectifs de nos maternelles pour les quartiers du Marais et de Mont à camp.

La mesure parait, disons-le, franchement, bricolée alors que le dispositif « Plus de maitres que de classes » fonctionne, d’après les équipes éducatives, plutôt très bien.

 Pourquoi n’avoir pas annoncé plutôt “un enseignant pour douze élèves” ? Cela permettrait sur la totalité du cycle, du Cp au CE2, de consolider le travail avec tous les élèves des écoles classées en rep et rep+.

Enfin, puisque le nouveau ministre de l’éducation semble y tenir, la question de l’autonomie des établissements est pour le moins nébuleuse.

Est-ce l’autonomie des établissements, des équipes pédagogiques, pour quelles plus- value et finalités ?

Personne ne le sait vraiment…Ni Emmanuel Macron, ni Edouard Philippe, ni Gérald Darmanin, ni Jean Michel Blanquer !

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