7 juin 2017 0 Commentaire

Open bar pour la droite : le code du travail sera fragilisé

La presse rend compte depuis le début de la semaine des intentions du gouvernement sur la réforme du code du travail et du contenu des discussions avec les syndicats avant de pouvoir agir par ordonnances.

Celles-ci risquent d’être douloureuses pour les salariés dont les droits seront amputés afin d’assurer la flexibilité du marché du travail et notamment la fluidité des licenciements, gage nécessaire pour le patronat avant toutes embauches éventuelles.

C’est aller beaucoup plus loin que la loi travail déjà existante et répondre par anticipation aux revendications patronales en matière de négociation et de licenciement.

Ainsi pourraient être prévus en amont  dans le contrat de travail, les critères de licenciement qui ne seraient plus directement encadrés par la loi. A chaque entreprise, reviendrait la possibilité de fixer des critères particuliers de licenciement, de les personnaliser durement afin de garantir la possibilité de licencier sans contraintes aucune.

On pressent déjà la catastrophe à venir pour les salariés dont le rapport au travail et au droit du travail seraient différents en fonction de l’entreprise. C’est non pas détricoter le droit au travail mais asservir demain les salariés à la pression de l’entreprise, du dirigeant et du marché comme jamais.

En cas de non respect des objectifs fixés par l’entreprise, le licenciement deviendrait automatique et sans possibilité de recours !

Le nouveau périmètre du licenciement économique revient lui aussi sur la table des discussions. Concrètement, une entreprise pourrait réduire ses effectifs dans une filiale française malgré des résultats positifs dans le reste du groupe à l’échelle internationale. Impensable !

Enfin le patronat demande depuis longtemps, cela a déjà été en discussion dans la loi travail actuelle, le plafonnement des indemnités de licenciements sans cause réelle et sérieuse afin de leur donner une meilleure « visibilité ».

Ces dommages et intérêts dus en cas de licenciements abusifs répondent pourtant à la nécessité légale ( et même morale) de réparer l’injustice d’être privé d’emploi, sans qu’une faute ait été commise par le salarié.

Beaucoup pourtant s’accordent à dire que les conseillers prud’homaux font déjà la part des choses, connaissant très bien le monde de l’entreprise ; entre les TPE et les grands groupes en particulier.

Fixer un plafond reviendrait à anticiper financièrement le coût d’un licenciement abusif pour se permettre de licencier en toutes occasions. Inacceptable.

Salariés, tenez bons. Salariés, ne vous laissez pas abuser en silence, victime expiatoire à venir d’un libéralisme débridé.

 

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