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Il faut pouvoir aussi se regarder dans une glace…

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slogonational.png« Dynamitage ».Jean Michel Bretonnier titrait ainsi son éditorial dans la Voix du Nord lundi 12 juin, revenant dans celui-ci sur toute la séquence électorale, des Présidentielles aux législatives.

Dans une très large majorité des 577 circonscriptions en France, dans notre région et dans la 11éme circonscription du Nord la vague Macron a placé en tête les candidats d’En Marche, dynamitant pour le coup le parti socialiste et fragilisant sérieusement Les Républicains.

Le scrutin majoritaire produit toujours ses effets et encore plus avec un émiettement des candidatures, dont l’action complémentaire enverra demain assurément presque 80% de marcheurs à l’Assemblée Nationale pour 30 pour cent des suffrages au premier tour.

Dont acte !

La division de la gauche produira donc les mêmes effets avec les mêmes conséquences que pour les élections régionales, cantonales et évidemment présidentielles, l’affaiblissement de tous, alors que le ps, EELV, le PCF, les Insoumis ont acté clairement et politiquement leur volonté de ne pas travailler ensemble et encore moins de présenter des candidatures communes.

Au regard du résultat catastrophique, la gauche quasi balayée dans notre département et dans tout le pays, de nombreuses questions surgissent quant à la responsabilité du désastre.

Il y a 5 ans, nous gagnions les Présidentielles et étions majoritaires à l’Assemblée, au Sénat, dans les Régions, Départements et dans de nombreuses grandes villes.

5 ans plus tard, après 5 années de présidence Hollande, nous avons factuellement tout perdu et dilapidé en très peu de temps ce que nous avions collectivement construits.

La responsabilité de Hollande est évidemment certaine notamment  sur le bilan des 5 années de Présidence, du changement de cap et de la politique de l’offre, de l’augmentation des impôts qui asséché les poches des citoyens et notre électorat, de la faute morale de la déchéance de nationalité, de l’affaire Léonarda gérée comme un «  sous préfet ».

Je n’oublie pas ce que nous avons accompli d’important dans le domaine de l’éducation en particulier, de la jeunesse ou de la loi sur le mariage pour tous et l’action du gouvernement pendant la vague d’attentats.

Mais oui, nous avons déçu, mécontenté, contrarié et alimenté la colère et la résignation des Français.  Oui nous en payons maintenant le prix alors que les fissures, nos errements, quelquefois notre suffisance au niveau national nous ont aussi sérieusement fragilisés.

Notre parti lézardé est maintenant clairement fracturé.

Si nous ne pensons plus la même chose, si les valeurs qui ont été les nôtres ne sont plus les mêmes, à quoi bon militer et nous présenter ensemble ?

Comment pourrions nous accepter voir certains, c’est vrai pour Yves Durand, comme d’autres personnalités du parti, Valls en tête,  militer pour d’autres candidats que les nôtres ou de prendre une autre casaque?

Comment Yves Durand, le dynamiteur, a pu soutenir le candidat néophyte d’En Marche au détriment de Roger Vicot ?

Comment Yves Durand a pu, avec le parcours qui a été le sien (grâce aux militants et électeurs du ps et de la gauche)  tomber si bas en n’assumant pas ses « nouvelles » convictions et en ne quittant pas du parti?

Tout n’est pas dans une vie, même politique, qu’une question d’élection et d’opportunité ! Il faut pouvoir aussi se regarder dans une glace et assumer ses positions.

Alors oui, le résultat dans notre circonscription est décevant malgré une campagne militante et homogène de Lille à Armentières en passant par Lomme.

Le poids de notre campagne avec Roger Vicot et Bernard Haesebroeck, de nos convictions, de ce que nous sommes, des élus de terrain et de proximité, ont de fait peu compté puisque la nationalisation du scrutin a tout emporté.

Je n’ai rien contre le candidat d’En Marche. Je ne le connais pas. Je ne sais qui il est, ce qu’il pense, quelles sont ses valeurs et convictions. Je préfère pourtant, et de loin, qu’il soit élu dimanche plutôt que la candidate FN, que je connais bien, étant élue au conseil de Lomme. Nous savons qui elle est, quelles sont ses valeurs et convictions et pour tout dire, mesurons le danger de ses idées.

Alors oui, la séquence est rude et nous mets à l’épreuve.

Elu lommois, militant de l’éducation, simple citoyen, je reste pourtant, comme de nombreux autres militants, debout, totalement certain que les valeurs et les projets de gauche ne sont en rien désuets. Ils sont au contraire d’une modernité absolue, pour construire les nouvelles solidarités dont nous avons collectivement besoins. Cela ne pourra être que des mots ou des incantations mais des réalités construites, dans les politiques de logement, d’éducation, de jeunesse, de sécurité et de tranquillité  que nous menons dans nos villes, là ou nous sommes en responsabilité, à Lille, Lomme ou Armentières.

Comme d’autres, nombreux dans les partis, je ne suis pas un néophyte de la politique mais je vis de mon travail tout en restant le plus possible « connecté » au territoire et aux habitants.

Sachons reconstruire, fidèles à nos valeurs, le lien politique avec les français en pouvant nous regarder dans la glace.

Olivier CAREMELLE

 

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