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Nous opposer à Macron et être clairs

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À quoi a servi le Parti socialiste pendant le quinquennat?

« Le Parti propose, le Président dispose » a théorisé Jean Christophe Cambadelis.

La force de l’inertie n’a jamais un pouvoir totalement entraînant.

Le parti lui-même a été défaillant et n’a pas pu jouer un rôle important pendant le quinquennat. Il faudra nous en souvenir.

A quoi demain le parti socialiste doit il servir dans l’opposition et comment s’opposer aujourd’hui à la politique libérale de Macron ?

Ce sera dans les jours et les semaines à venir l’objet de nos discussions 

Pour ma part, je suis totalement convaincu que l’espace politique existe entre les insoumis et la république en marche, à un certain nombre de conditions évidemment.

La première évidemment sera de nous opposer et d’être clairs.

La mise en place d’une direction collégiale n’est pas forcément un bon signe et une bonne méthode pour être clairs. Je m’interroge encore par exemple sur la position politique que le parti ou cette direction a pris sur les ordonnances et la  future loi travail.

Il y a pourtant matière à dénoncer et à s’insurger.

Les textes présentés sont brutaux, plus encore que nous l’attendions. On savait qu’un barème d’indemnités pour les licenciements sans justification allait être adopté et qu’il permettrait de licencier sans motif et sans risques. Mais on ne s’attendait pas à la réduction de moitié du minimum de l’indemnisation due dans ce cas (trois mois au lieu de six actuellement pour les salariés ayant deux ans d’ancienneté), ni à des plafonds si bas (dix mois de salaire au maximum pour un salarié qui a dix ans d’ancienneté et qui est licencié sans motif valable).

On s’attendait à une réduction drastique du nombre et de la variété des représentants du personnel, à la disparition des délégués du personnel et du CHSCT, mais on ne s’attendait pas à ce que le nouveau comité puisse être moins bien informé que les anciens comités d’entreprise, ni à ce que le recours à des experts soit entravé .

 

On s’attendait à de nouvelles attaques sur la procédure de licenciement, pas à sa suppression presque complète dans le cadre de plans collectifs de rupture « d’un commun accord ». On savait l’extension du travail de nuit à l’étude. On ne s’attendait pas à sa possible généralisation par convention…

Je ne vois pas comment nous pourrions être absents du débat dans les jours à venir sur ce sujet aussi bien à l’assemblée nationale que dans les manifestations à venir.

 A la clarté, condition première, nous devrons rajouter, notre vision de la société, du travail, l’affirmation de nos valeurs.

 Deux autres sujets majeurs sont sur la table, celui de l’éducation alors que le nouveau ministre avance, plus ou moins masqué, pour asseoir la liberté à tous les étages. La liberté est un bon mot, c’est un doux mot mais qui peut se révéler aussi tout à fait pernicieux.

 La liberté par exemple d’organiser le temps scolaire comme bon nous semble, à la carte, rompant de fait avec l’égalité.

 Cela a été l’objet d’une première décision et du décret de juillet permettant aux acteurs éducatifs du territoire de s’entendre pour revenir ou non sur la réforme des rythmes scolaires.

Plus du tiers des communes ont déjà en cette rentrée décidé de revenir à la semaine de 4 jours pourtant, chacun le sait, inefficace et injuste.

 Le cynisme politique a surtout consisté à faire peser une pression inacceptable sur les communes afin de revenir à la semaine de 4 jours, prétextant soit la fatigue des enfants, le cout de la réforme et ses manquements supposés.

 D’autres communes, même de gauche et nous en avons aussi dans notre département ont, permettez moi l’expression, sauté  sur l’occasion pour, le jour même de la publication du décret, annoncer une concertation, la tenue de conseil d’école et dans la foulée la décision finale : revenir à la semaine de 4 jours, celle de darcos, de sarkozy que nous avons tants combattus.

 C’est le même cynisme qui prévaut avec la disparition massive des contrats aidés dans l’éducation nationale puisque l’on nous annonce 23000 postes en moins. Dès aujourd’hui lundi 04 septembre le mouvement est enclenché, de nombreux postes utiles dans les établissements scolaires, écoles, collèges et lycées sur tous nos territoires prendront bientôt fin. Faire mieux avec beaucoup moins, cela nous rappelle bien quelque chose non ?

 Enfin si nous devions nous opposer une nouvelle fois et cela rejoint aussi la question des valeurs que nous défendons, nous pourrions oser parler de la question migratoire.

 Deux lignes semblent prévaloir au plus haut sommet de l’état. Celle d’une certaine bienveillance incarnée par les déclarations d’E.macron et de la volonté de mettre à l’abri.

Celle d’une franche hostilité contre les réfugiés et les associations incarnée par G.Collomb.

 Depuis l’évacuation de la jungle de calais et l’incendie du camp de la linière, la situation sur le littoral de la région s’aggrave quasi de jour en jour sans que les solutions esquissées dans le plan migrant du mois de juillet ne règle quoique ce soit. Les deux centres nouvellement créés ne répondent pas à la problématique du nombre de migrants et les opérations de mises à l’abri sont trop ponctuelles, comme à paris d’ailleurs.

 La encore c’est la valse des mots et des postures pour au final mal accueillir, mal héberger, mal recevoir et dépenser des sommes considérables, constructions de murs, déplacement massif des forces de l’ordre, alors qu’une autre politique est possible : plus digne, plus généreuse et plus humanitaire.

 C’est le cas par exemple à Arras ou le maire met à disposition en lien avec France Terre d‘asile 300 logements en pleine ville sans que des problèmes ne se posent.

 A Calais, à Grande-Synthe, à Angres ou steenvoorde fonte, le temps est un peu suspendu dans un entre deux alors que toutes les solutions datent pour l’heure de l’ancien gouvernement : la création des centre d’accueil et orientation, le desserrement du droit à l’asile et même le soutien aux élus locaux à travers le financement du camp de la linière par l’état.

 

Voila, de quoi, sur ces sujets  nous mobiliser, pour nous retrouver.

 

 

 

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Un commentaire

  1. Vilain jean paul

    7 septembre, 2017 à 16:59

    Entièrement d’accord … même si je pense que le PS ne pourra pas se décider à choisir et qu’il faut donc en sortir …
    Très intéressé pour en savoir plus sur l’expérience d’Arras pour l’hébergement des migrants. On avait pris contact avec le maire de Grande Synthe en janvier dernier pour une réunion à Lyon sur ce sujet mais il n’était pas disponible à l’époque… Partie remise pour janvier 2018 sur le thème de la réquisition des immeubles vacants ?
    À suivre
    JPV
    Président Coordination Urgence Migrants Lyon

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