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Contribution de la section de Lomme à la refondation

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slogonational.png« Nous naissons avec le sentiment de l’égalité, avec le sentiment de la justice, avec le sentiment de la solidarité humaine. Nous savons, avant d’avoir rien appris, et par un instinct qui est l’héritage de nos ancêtres, que nous apparaissons tous en ce monde égaux, avec le même droit à la vie, avec le même droit au bonheur, avec le même droit de jouir des richesses indivises de la nature et de la société. Nous savons qu’il doit exister un rapport permanent, équitable entre nos droits et nos devoirs, entre notre travail et notre bien-être. Nous sentons que notre bonheur n’est pas indépendant de celui des autres hommes, de même que notre travail demeurerait vain sans le leur, mais que leurs souffrances et leurs misères sont les nôtres, que toute injustice qui les atteint doit nous blesser. Nous sentons que la vertu véritable, celle qui procure la pleine satisfaction du cœur, c’est de savoir sacrifier fût-ce notre intérêt présent et notre profit égoïste, au bonheur commun et à la justice future, et que là sont les formes authentiques de cette fraternité que nous enseignaient les religions, de l’immortalité qu’elles nous ont promise. »

C’est par un extrait de ce texte bien connu, écrit par Léon Blum, que nous, militants de la section de Lomme avions envie de commencer cette contribution.

Elle résume à la fois l’état d’esprit et toutes les convictions de Léon Blum et pour tout dire, avec humilité, celle des militants de notre section de Lomme.

Evidemment le contexte n’est pas le même. « Pour être socialiste » est édité et publié en 1919, quelques mois après la fin de la première guerre mondiale et engage un message d’espoir adressé aux jeunes générations qui, grâce aux valeurs de fraternité et de générosité du socialisme, pourront construire une société plus juste dans laquelle les hommes de demain vivront sous le régime de la solidarité et de l’égalité.

Nous croyons avec ténacité que ces valeurs ne sont pas datées et restent d’une absolue modernité.

Nous croyons que l’identité des socialistes et pour tout dire du socialisme n’est pas surannée, issue et d’ores et déjà enfermée dans le siècle d’hier, celui de «  l’ancien monde ».

Le socialisme est né du contraste, à la fois scandaleux et désolant, entre le faste des uns et le dénuement des autres, entre le labeur accablant et la paresse insolente.

Hommes et femmes du Nord, nous savons ce que pouvait révéler le labeur, celui de la condition des ouvriers et des ouvrières, attachés à leur travail et aux conditions de vie et de travail difficiles.  Beaucoup d’entre nous, à Lomme, mais aussi ailleurs dans notre département, sommes issus de cette histoire, familiale et politique, que nous avait utilement rappelé Pierre Mauroy. Oui ouvrier n’est pas un gros mot !

Le socialisme est né du sentiment et de l’acte d’injustice répété quasi à l’infini produisant ce que certains ont appelé la lutte des classes.

Oui nous croyons encore à ces valeurs d’égalité, de justice et de solidarité car elles sont à la fois anciennes et modernes, elles sont en définitif intemporelles pour concevoir l’identité socialiste : le socialisme est aussi et avant un humanisme.

Cette filiation est avant tout lié à notre identité, celle qui nous fonde parce que ces valeurs sont indépassables.

Ni le temps qui passe, ni le contexte économique, ni les sommations à tout nier et tout changer car nous avons été défaits, ni la dictature de la modernité pour changer le nom de notre parti, n’arrivent à nous convaincre que la question du militantisme et de nos valeurs socialistes sont obsolètes.

Il ne s’agit pas d’être passéistes mais de conjuguer notre socialisme aux temps d’aujourd’hui afin de lier ce que nous sommes, socialistes, à la conquête du pouvoir et à la déclinaison de notre projet pour la société.

C’est de cela qu’il nous a manqué pendant ces cinq dernières années et plus largement depuis plus de 20 ans.

Nous n’avons pas su imposer une ligne politique qui au final puisse concilier la justice sociale et la réduction des inégalités, aux enjeux modernes liés à notre monde notamment en transitions.

Nous ne pouvons éluder le bilan collectif du quinquennat, directement issu de notre incapacité à faire corps et sens parce que traversés aussi dans nos lignes par des postures différentes et quelquefois inconciliables. Nous y reviendrons.

François Hollande a incarné toutes nos contradictions, enfermées successivement dans le discours du Bourget puis dans la posture, ô combien différente d’un candidat en élection : celle d’un Président de la République.

Cela pose évidemment le débat de la liaison, et cela n’est pas nouveau, entre notre parti, sa ligne politique et l’exercice concret du pouvoir.

N’est-ce pas nous militants qui donnons pouvoir et mandat à ceux et celles qui veulent exercer des responsabilités, en notre nom ?

Nous avons sur ce point, difficilement vécu le changement de ligne économique du gouvernement pendant le quinquennat.

Elle aura peut-être eu l’objectif de réduire les déficits mais à partir d’un prix trop élevé : celui de l’augmentation de la pression fiscale (en éludant d’ailleurs la grande réforme promise) et en concentrant les aides aux entreprises sans contrepartie. Mais où est donc le million d’emploi promis par Pierre Gattaz ?

Aura-t-on au final baissé le chômage ? Aura-t-on au final réduits les inégalités ? Aura- t-on au final construits une société plus juste et solidaire ?

Nous avons aussi, encore plus grave, échappé à nos valeurs en promouvant la déchéance de nationalité. Cela n’était pas une erreur mais une faute.

Nous avons d’abord été battus par nous-mêmes parce que nous avons raté, collectivement l’alternance promise en 2012, après avoir pourtant subi et dénoncé le bilan de la droite entre 2002 et 2012.

Nous sommes responsables à la fois d’un quinquennat raté et de ses conséquences politiques : celles de nos défaites politiques, signes que les citoyens nous ont largement boudés.

A quoi servirait-il de le nier en attendant une réhabilitation que l’avenir ne nous donnera pas ?

Non pas que tout le quinquennat et la somme des politiques menées aient été nuls, notamment sur le terrain de la jeunesse et de l’éducation, de l’accès à la santé, de la promotion de la culture, des progrès sur les mœurs mais la cristallisation autour de la politique économique et de la loi travail a balayé tout le reste.

Les yeux fixés sur le désendettement du pays et sur la baisse du niveau du chômage, nous avons perdu le fil conducteur : le combat contre les inégalités et l’injustice.

Celles-ci ont été vivement ressenties notamment par notre électorat, ceux et celles qui ont subi, se sont sentis rejetés, dominées, vor même déclassés.

Les laissés pour compte de la mondialisation, les victimes de ce déclassement, les oubliés de la République, les français tout simplement en colère ne pouvaient nous pardonner. C‘est comme cela qu’il faut traduire la posture de nos concitoyens.

A quoi bon voter pour les socialistes si eux-mêmes ne croient plus en un certain idéal pour préférer le pragmatisme ?

Nous voyons où cela nous a conduits, nous et la France : au macronisme !

Ces mots pourront paraitres durs, ils ne sont guère plaisants, pour nous militants, à écrire.

Le réalisme de gauche ne peut se confondre avec la social-démocratie et encore moins avec la social écologie que nous avons portée pendant la campagne Présidentielle.

C’est sur ce terrain que nous sommes attendus par les Français !

Assumer ce que nous sommes, réaffirmer nos valeurs intangibles pour les faire vivre au profit d’un nouveau projet de société devançant et accompagnant les enjeux à venir autour des transitions climatiques, énergétiques, alimentaires.

Entre occasions ratées ( le débat européen en début de mandat) et les inflexions libérales, déjà teintées de macronisme, nous ne pouvions qu’échouer.

« Le parti propose, le président dispose » avait théorisé Jean Christophe Cambadélis.

La force de l’inertie n’a jamais eu un pouvoir totalement entrainant.

Nombre de militants et de sympathisants sont partis au fur et à mesure des défaites et de l’écoulement du quinquennat. Les électeurs ont suivi, en masse !

De nombreux élus ont été battus, aux cantonales, aux régionales, aux municipales et évidemment aux législatives, souvent de manière injuste pour faire place à la droite, aux marcheurs et même à la France insoumise.

Nous serions ainsi coincés entre la France insoumise et la République en Marche, sommés de rejoindre les thèses de Jean luc Melenchon ou celle d’Emmanuel macron.

C’est, nous l’affirmons, nous militants lommois, une profonde erreur.

Oui il faudra le réaffirmer nous sommes dans l’opposition à la politique menée par Emmanuel macron car elle est injuste et inefficace.

Même si nous n’avons jamais été aussi peu nombreux, dans notre fédération ou au niveau national, nous croyons encore au devenir de notre parti et surtout à ses raisons d’être !

Il nous appartient de réinventer cette nouvelle gauche, d’abord dans nos ancrages et territoires locaux pour fédérer et rassembler.

Nous n’aurons que faire d’un rassemblement de circonstances ou de fausses synthèses mais appelons à sortir de l’ambiguïté.

C’est d’abord de notre ligne politique dont nous devons nous occuper pour proposer aux français un grand projet social écologique, moderne et juste aux antipodes de la concentration des pouvoirs et de l’argent, de la confiscation et de l’avidité, de la déprédation de notre environnement et de l’exploitation des ressources sans parler celle encore des hommes.

Il faudra pour cela prendre du temps.

Il faudra pour cela nous écouter, écouter et entendre les militants qui sont restés fidèles au parti et ceux et celles que nous convaincrons demain.

Il faudra imaginer un fonctionnement différent de notre parti, de notre fédération, de nos sections pour ne pas nous enfermer sur nous-même mais au contraire promouvoir l’intelligence collective.

Il faudra partir de nos forces restantes, de nos atouts, de nos militants et sympathisants de notre histoire commune pour trancher ce qui doit l’être et mieux lier dans tous les cas la conquête et l’exercice du pouvoir.

Il faudra que nous réussissions ce congrès qui ne sera qu’une étape dans notre reconstruction politique.

Nous y prendrons une part active au niveau fédéral et national parce que rien ne serait pire que d’être spectateurs du pouvoir maintenant en place.

Sortons, dès aujourd’hui, de l’ambigüité et ensemble, entamons la reconquête !

 

 

 

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