Engagé et militant politique au parti socialiste depuis plus de vingt ans, j'y promeus, avec beaucoup d'autres, nos valeurs de solidarité et d'émancipation.

Fervent défenseur de l'école laïque, j'assure pour l'heure, outre ma délégation Lommoise à l'éducation et aux associations, la Présidence du réseau d'élus le CEDRE. En disponibilité de l'éducation nationale, je suis actuellement Directeur de Cabinet du Maire de Grande-Synthe, Damien Careme.

17 février 2009 0 Commentaire

Le point sur les suppressions de postes

Les dotations globales sont tombées dans les établissements qui font les « mauvais » comptes. La soustraction devient lourde pour toutes les structures notamment celles fragilisées depuis 2003. A cette l’heure, la géographie des suppressions est claire: de nombreux établissements touchés perdent un ou deux postes et une série de lycées ( dont de nombreux L.P, réforme bac pro oblige) sont anémiés.

Les annonces çi-desssous demandent à être validées par les C.A de chaque établissement, considérant que ces chiffres correspondront, peu ou prou, aux suppressions de postes effectives. 

De nombreux collégues, syndiqués ou non, sont aujourd’hui en résistance contre ces mesures et attndent du rectorat une réaction. De fait la journée de manifestation d’hier, encore trés suivie, prépare celle du 19 mars. Ministre es-tu sourd?

Merci de me faire le retour des actions

Armentiéres : Gustave Eiffel  -6

Armentiéres : Ile de Flandre -3?

Lomme : Sonia Delaunay -5

Lomme : Jean Prouvé -5

Lycée Gondecourt : -7

Villeneuve d’ascq : Queneau -11

Douai Corot : -8

Douai E.Labbé : -8

Dunkerque Angelier : -4

Grande synthe Noordover : -6

Petite Synthe  Europe: -11   

Cambrai Duez : -4

Boulogne Branly : -11

Berck : -7

Yourcenar Beuvry: -12

Wasquehal Cousteau : -10

Henin Pasteur : -9

Lens Condorcet : -8

Lens Behal : -10

Carvib Diderot : -3

Avion Picasso : -5

Lievin Darras : -10

Calais Berthelot : -6

17 février 2009 0 Commentaire

Mouvement dans les universités

Mouvement dans les universités : des revendications légitimes 

La fédération du Nord du parti socialiste s’associe pleinement au mouvement commençant dans les universités de notre académie, conséquence logique de la loi du 11 août 2007, relative aux «  libertés et responsabilités des universités ». (Loi LRU).

Le parti socialiste avait dénoncé, lors des débats à l’assemblée nationale, l’imposture d’un texte visant la simple gouvernance des universités, qui pose aujourd’hui problème, alors que dans sa précipitation le gouvernement avait oublié, sciemment, l’essentiel : la lutte contre l’échec en premier cycle et l’augmentation des moyens pour les universités, deux préalables indispensables avant toute réforme.coordination_nationale_2_fevrier.jpg

L’inquiétude légitime des enseignants -chercheurs quant à leur statut et carrière est la conséquence directe de la marche forcée vers l’autonomie des universités, dépossédant totalement les instances paritaires et fragilisant le corps enseignant dans ses missions.

Cette première revendication en recoupe d’autres, puisque enseignants et étudiants exigent, dans le même temps, la suspension de la réforme de la formation des futurs enseignants du primaire et secondaire (masterisation) et celles des suppressions de postes, 1030 au budget 2009.evolutionrecrutementchercheurscn.jpg

Il revient aux ministres concernés, Valérie Pécresse et Xavier Darcos de revenir sur leurs décisions et d’ouvrir rapidement avec les représentants syndicaux de vraies négociations afin de réformer l’université et lui donner les moyens de ses ambitions.

Pour la fédération du Nord et Gilles Pargneaux, premier fédéral

 

Olivier CAREMELLE, Secrétaire Fédéral Education

17 février 2009 0 Commentaire

Mouvement du 17 janvier

COMMUNIQUE FEDERATION DU NORD PARTI SOCIALISTE 

La fédération du Nord du parti socialiste et Gilles Pargneaux, premier fédéral, s’associent  aux personnels de l’Education Nationale qui manifesteront leur mécontentement et inquiétude samedi 17 janvier 2009, prélude du mouvement interprofessionnel du 29 janvier prochain.

Après déjà trois journées d’action depuis la rentrée scolaire, Nicolas Sarkozy a confirmé lors de ses vœux ne rien vouloir entendre sur la question cruciale des moyens  attribués à l’Education.

De nouveau, le retrait de postes, 592 pour notre académie du nord pas de calais, soit 4600 postes depuis 2002, se fera au détriment du service rendu aux élèves alors que la pénurie désorganise les efforts de la communauté éducative comme l’atteste la dégradation des résultats aux examens et la montée des inégalités scolaires.

De nouveau, la fédération du Nord réclame un moratoire sur cette question qui, dans le contexte de la crise économique, engage la responsabilité politique de la droite sur l’emploi par la destruction des 30 000 postes de fonctionnaires dont 13 500 pour le ministère de l’Education Nationale.

De nouveau, la politique « éducative » du gouvernement déstabilise durablement les personnels et mobilise contre elle les élèves refusant légitiment toute réforme, bâclée et imposée, du lycée.

De nouveau, nous rappelons que toutes les réformes doivent être, en amont, discutées et négociées quant prévaut aujourd’hui précipation et multiplication des chantiers contestables : réforme du primaire, création du droit d’accueil, soutien au privé, suppression de la carte scolaire et remise en cause de l’accueil en maternelle …

Ces choix dogmatiques sont  incompréhensibles à l’heure où la France subit, au jour le jour, les conséquences de la crise économique aggravée dans le cas de la fonction publique par les décisions gouvernementales.

Le volontarisme politique exigerait au contraire un vaste plan de soutien pour l’Education déclinée par des propositions utiles : lutte effective contre l’échec scolaire, création d’un service d’orientation et d’un service public du soutien scolaire, création du nouveau lycée ….  avec deux préalables : le rétablissement des moyens et  le retour à la concertation demandée par tous.

Pour la fédération du Nord du Pari socialiste,

Olivier CAREMELLE, secrétaire fédéral Education

17 février 2009 0 Commentaire

Quand parentalité rime avec humanité!

Temps fort du Projet Educatif Global que nous portons dans notre ville, le forum consacré à la parentalité a connu une nouvelle fois un beau succés. Ce théme de la parentalité, qui figure au coeur des priorités et actions du PEG lommois, prend forme tous les jours par le travail et l’investissement des parents auprés de leurs enfants évidemment et  des services créés  notamment le lieu ressource parentalité (LRP).

Nous sommes loin, trés loin des propos caricaturaux jugeant les parents défaillants, absents et démissionnaires. La troupe de théâtre amateur composée de parents nous en a offert une belle démonstration.

De l’humanité, des tranches de vies, des mots sur les maux et au final un spectacle dont chacun a pu apprécier la démarche. De nombreuses questions qu’il nous faudra un jour régler : quelle place et quel rôle pour les parents dans notre société? Quelle autonomie pour l’émancipation des jeunes? 

VDN du 26 janvier| LOMME |

La quatrièmeédition du Forum sur la parentalité s’est tenue ce week-end à Lomme. Initié par la ville, il avait pour thème, cette année, « la famille, c’est l’affaire de tous ». Au programme : une conférence, vendredi soir, des débats, un spectacle et des animations samedi.

Elle figure en deuxième position, en terme de priorité, dans le projet éducatif global (PEG) mis en place par la ville. La parentalité a même son forum. « Parce qu’il n’est pas facile d’être parents  », résume Marie-Gaëtane Brochot, chef de projet du PEG. Voilà donc quatre ans (lire ci-contre) que parents et professionnels se retrouvent autour des thématiques liées à la parentalité. Le temps de parler, d’écouter. De sourire, aussi, de ses propres difficultés à être parents.

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Une dizaine d’entre eux étaient d’ailleurs présents vendredi soir pour la conférence donnée, à la médiathèque, par Anne-Françoise Dereix, psychologue, sur le thème « Être parents, pas si facile !  » Un chiffre un peu décevant qui pourrait conduire à des changements pour la prochaine édition. « Pourquoi pas des conférences de proximité », imagine Marie-Gaëtane Brochot.

Car pour la chef de projet du PEG, comme pour tous les acteurs du forum, les parents doivent être au coeur des manifestations. Comme ils le furent samedi matin à l’auditorium de la médiathèque. « Sur les 81 personnes inscrites, près de la moitié étaient des parents  », se réjouit la Lommoise. Les autres étaient des professionnels du secteur. Tous ont bénéficié d’un petit point informations sur les actions entreprises par la ville.

Il fut évidemment question de la Maison de la petite enfance, qui ouvrira ses portes en 2010 (1). Des cafés de parents, aussi.

L’initiative a, semble-t-il, trouvé un écho positif chez les principaux intéressés dans le quartier de Délivrance, où a été créé le premier café de ce genre. Deux autres verront le jour cette année : le premier à la Mitterie en mars, le second fin 2009 au Marais. « Ce sont des outils importants car les parents ont besoin de parler entre eux sur les difficultés qu’ils rencontrent  », juge Marie-Gaëtane Brochot.

Ils peuvent aussi, parfois, prendre le parti d’en rire, à l’image de la troupe du Café des familles, composée de parents du Cambrésis, venus mettre un peu de couleurs et de gaîté sur la scène improvisé de l’auditorium. Pas forcément facile, en effet, d’évoquer un ado qui ne veut plus aller à l’école, la séparation des parents…

Ces mots pour des maux ont été suivis, dans l’après-midi, par des ateliers enfants-parents sur les arts plastiques, le cirque, l’éveil musical et par des lectures proposées par les « mamies brodeuses d’histoire ». • G. C.

> 1.- On y trouvera un centre multi-accueils, la crèche familiale, la Protection maternelle infantile (PMI) ou encore le lieu d’accueil parents-enfants.

17 février 2009 0 Commentaire

6éme Prix du Marais

Le prix du Marais est un prix littéraire qui s’inscrit dans les activités d’un comité de lecture mis en place par l’Odyssée, médiathéque de Lomme et la compagnie de théâtre associée de la ville, le théâtre Octobre. Les usagers de la médiathéque et de la bibliothéque municipale de Lille ont été invité à partager leur expérience de lecture et à se prononcer sur les livres sélectionnés par l’équipe de M.J Billau.Une superbe soirée à la médiathéque avec Roger Vicot avec notamment l’attribution du prix à Erlend Loe, pour « Doppler .

Le prix du Marais restera sans conteste un grand cru avant un prix exceptionnel avancé en … juin 2009marais.jpg pour entrer dans la programmation de

17 février 2009 0 Commentaire

Des moyens pour l’université

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a participé jeudi à Lille à la manifestation contre la réforme des universités, et dénoncé la logique de “rentabilité financière” guidant, selon elle, les projets du gouvernement en matière d’éducation.uni.jpg

“Sous couvert d’autonomie, sous couvert de liberté, on réduit les moyens au lieu de se poser la vraie question: comment faire réussir nos enfants à l’université, comment donner sa chance à chacun et comment donner les moyens à la recherche de préparer l’avenir de notre pays”, a-t-elle déclaré à la presse.

“La recherche, c’est le nerf de la guerre de l’économie et de la force d’un pays, de son indépendance et de sa puissance dans le monde”, a-t-elle ajouté, fustigeant “la rentabilité financière à court terme, celle qui nous a amenés à la crise financière”.

“C’est cela qu’on applique aujourd’hui à la recherche et à l’enseignement supérieur”, a affirmé Mme Aubry, qui a défilé aux côtés de Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche.

“On veut tout privatiser. Est-ce que la crise qui vient de se passer nous donne l’impression qu’il y a des mécènes dans les grandes entreprises privées (appelées à financer la recherche, ndlr) ou bien seront-elles là uniquement pour des projets à court terme qui rapportent à court terme? La recherche, c’est aussi la recherche fondamentale, celle qui coûte”, a encore estimé la maire de Lille.

Dans un communiqué, la dirigeante socialiste a réclamé un moratoire des réformes en cours, le gel des suppressions d’emplois et le lancement d’une convention sur l’enseignement supérieur et la recherche.

La manifestation lilloise a mobilisé entre 700 et 2.000 personnes, selon la police et les syndicats.

17 février 2009 0 Commentaire

Une FCPE mobilisée!

logofcpe.gifJ ‘ai rencontré  la FCPE du Nord. Son président, Pascal Maginot m’a ouvert les portes de son conseil d’administration pour un échange cordial et franc avec les parents d’élèves du Nord ( 19 000 adhérents).

Mes interlocuteurs sont inquiets de la situation du service public d’éducation. Tous me le disent sans langue de bois. Leurs revendications recoupent évidemment les nôtres : abandon des suppressions des postes, maintien des RASED, poursuite de l’école à 2 ans, amélioration de l’encadrement et de la vie à m’école….

Les langues se délient. Le PS a-t-il encore la ressource la volonté, l’ambition de s’occuper de l’Education ? Qui, à part Jack Lang, reste audible dans le parti sur ce thème pourtant consubstantiel de la Gauche ? Pourquoi ce délitement, cette absence des élus des C.A  des établissements?

Je réponds rapidement sur nos difficultés internes, les sourires s’esquissent,  notre manque de combativité et lisibilité dans le passé…

 Notre entrevue a aussi pour but de reprendre le contact, de retisser des liens, d’échanger, même sur nos désaccords. Et il y en a !

2 sujets viennent rapidement sur la table : les inégalités à l’école et la place accordée aux parents d’élèves. Tout au long de la soirée, je reste attentif.

Un fil conducteur se dégage des prises de paroles : le malaise des parents qui se considèrent marginalisés  par les enseignants, les syndicats, le rectorat, les élus … «  Il nous faut faire nos preuves dans les conseils d’école où on nous prend pour des pots de fleurs ! ».

Un peu caricatural car l’Education Nationale change, certes lentement, mais change. Je fais remarquer la place de l’éducation partagée dans nos communes. C’est le cas à Lomme avec le Projet Educatif Global.

Sur ces 2 sujets, je rappelle les positions du parti : statut délégué de parents prévu dans notre programme et l’engagement des  collectivité de Gauche quant à l’éducation ( P.E.G, éducation partagée, politique d’investissement du CG et CR….). D’autres réponses restent à construire en attente des propositions du comité Balladur et des champs de compétences de chaque collectivité.

Propositions faites à la FCPE

Invitation ponctuelle à une commission Education

Invitation à l’université de rentrée

Echanges réguliers d’informations  sur l’actualité éducative (suppressions postes, Pb des remplacements)

Pour le 29.01, la FCPE n’appelle pas à la grève mais laisse à ses adhérents le loisir de manifester

17 février 2009 0 Commentaire

Ne rien dire, ne rien voir…

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La presse locale s’en fait difficilement l’écho mais la situation dans les établissements scolaires est, pour cette année scolaire, tendue.

Les nombreuses suppressions de postes qui ont affectées notre académie depuis 2002, plus de 4200 personnels disparus, ont de lourdes  conséquences dans le service d’éducation rendu aux élèves. Les effectifs par classes évidemment ont une nette tendance, à tous les niveaux , à augmenter tandis que la gestion des personnels ne permet plus forcément les remplacements de courtes et longues durée.

 Premiéres victimes, les élèves et leurs parents! Les uns et les autres attendent quelquefois pendant de longues semaines, c’est le cas dans un collége de Lomme,  le nécessaire remplacement d’enseignants alors que le rectorat n’a plus aucun moyens ( ou la volonté?) d’y faire face.

C’est un exemple trés concret des choix politiques portés par la Droite au niveau national et qui au jour le jour, dans notre réalité de terrain, fragilise l’éducation. Rappelons une nouvelle fois que  les résultats à tous les examens ou aux diverses évaluations à l’école sont d’aprés  l’inspection générale “alarmants” , le taux d’accés au baccalauréat d’une génération passant de 63% à 58%. Le lien avec la fonte des moyens semble plus qu’évident!

Malgré ces difficultés, les élus se mobilisent, la ville de Lomme particuliérement, avec le projet éducatif global par lequel viennent d’être initiés des labos de langues. Destinés aux élèves de nos 3 colléges, ces labos ne remplaceront pas les enseignants absents, les postes supprimés, mais ils sont la contribution directe de notre commune à l’effort d’éducation  partagée.

Pour l’heure, alors que les réunions de bassins sont finies, les chefs d’établissements attendent la déclinaison des 592 postes supprimés pour la rentrée 2009. Mais qu’attend la presse pour en parler?

17 février 2009 0 Commentaire

Education populaire dans le collimateur

Les mouvements d’éducation populaire dans le collimateur du ministère
 

Entretien
Jean-Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l’Enseignement, fait le point sur les décisions sévères et lourdes de conséquences du ministère contre les associations d’éducation populaire.
lundi 5 janvier 2009

Quelle est actuellement l’attitude du ministère à l’égard de votre mouvement  ?

Le ministère fait plus que nous malmener  : nous constatons une véritable offensive délibérée envers les mouvements d’éducation complémentaire, pour des raisons qui restent obscures. Les conséquences de ces décisions pourraient affecter des millions d’élèves et de jeunes de notre pays. Ce serait dramatique, pour eux et, plus largement, pour le lien qu’entretient l’école avec la société. Car, si chacun peut souligner le travail remarquable que réalisent des centaines de milliers d’enseignants pour rendre l’école plus ouverte sur le monde, plus citoyenne, plus responsable, il est facile de constater que les actions des mouvements d’éducation complémentaire amplifient ces efforts, et souvent les initient. Un seul exemple  : depuis 1999, nous animons une campagne intitulée « Lire et faire lire ». Ce sont des milliers de seniors dans toute la France qui font partager le goût de la lecture aux plus jeunes. Ce réseau de bénévoles est soutenu par des enseignants détachés. Il contribue à développer les capacités de lecture des jeunes et le lien intergénérationnel. Peut-on considérer cette opération comme superflue dans la société que nous connaissons aujourd’hui  ? Ces exemples d’opération pourraient être multipliés, et déclinés dans le champ de l’aide aux devoirs, du sport scolaire, des classes de découvertes, de l’aide aux vacances, de la solidarité éducative internationale, etc. Ces effets bénéfiques des mouvements d’éducation complémentaire, nul ne peut le contester. Notre système éducatif n’est pas parfait, personne ne le prétend, néanmoins il a des atouts dont il serait insensé de vouloir se passer. Telles sont pourtant les intentions que laisse percer le ministère de l’Éducation nationale, ce qui est aussi révoltant qu’incompréhensible.

Vous parlez d’offensive délibérée envers les mouvements d’éducation complémentaire, n’est-ce pas excessif  ?

Je vous laisse juge  : début octobre, nous avons reçu, successivement, deux courriers recommandés du ministère de l’Éducation nationale – ce qui est inédit comme mode de correspondance. Le premier concernait la subvention pour l’année en cours. À trois mois de la clôture de l’exercice budgétaire, et alors que les opérations sont déjà engagées, ce courrier nous annonçait que la subvention serait réduite de 25 %, sans aucune autre forme de prévenance. Ce qui nous met face à de sérieuses difficultés. Le second courrier était encore plus sévère  : il nous indiquait que les postes d’enseignants détachés ne seraient plus compensés financièrement par le ministère. Il nous laisse le choix de les prendre en charge ou, à défaut, de communiquer la liste de ceux qui devront réintégrer leur classe. Or, comme le sait le ministère, les mouvements d’éducation complémentaire ne peuvent assumer ce financement salarial. À plus forte raison avec des moyens amputés de 25 %.
Ces deux décisions nous semblent contestables  : la première est motivée par un « gel budgétaire ». Or, si nous pouvons comprendre que l’État n’ait d’autre choix que restreindre ses marges de manœuvre budgétaires – à tous les étages et dans tous les domaines -, nous ne comprenons pas l’absence de concertation préalable sur les efforts que nous pourrions consentir et encore moins l’argument du ministre qui, interpellé par de nombreux parlementaires, répond systématiquement que le budget alloué aux mouvements complémentaires est au contraire en hausse de soixante-quinze à cent quatorze millions d’euros  ! Ce qui contredit l’argument du gel budgétaire et n’est pas très respectueux des parlementaires auxquels il est manifestement raconté n’importe quoi  ! Il faut bien comprendre que le budget global des soixante-quinze millions d’euros, avant amputation, est infime au regard de la masse budgétaire globale du ministère. Et c’est un budget qui est très bien utilisé par les mouvements d’éducation complémentaire. Pour le ministère, c’est un investissement opportun dans le champ de l’éducation et, plus largement, du lien social.
La seconde décision concernant les enseignants détachés est loin d’être pertinente. On a bien vu que le ministre préparait depuis longtemps l’opinion publique en déclarant qu’il allait « ramener au bercail » des enseignants qui n’étaient pas devant leurs élèves et en annonçant des chiffres totalement disproportionnés. Or, à force de dénigrer ces enseignants, les différentes composantes de l’opinion publique qui ne connaissent pas, ou mal, leurs missions peuvent imaginer que ce qui est affirmé est fondé. La réalité est tout autre  : dans le cas des mouvements d’éducation complémentaire, il s’agit tout au plus d’un millier de postes détachés. Pas davantage. Ce qui, au regard du corps enseignant, est infinitésimal. Et ces enseignants sont loin de profiter de sinécures comme l’insinuent les déclarations publiques. Ce sont, au contraire, des enseignants dévoués, passionnés, responsables. Ils ont fait le choix professionnel et personnel de s’engager pour une cause en lien direct avec l’école. Ces enseignants, du fait de leurs compétences professionnelles, sont aujourd’hui dans 95 % des cas des coordinateurs de campagnes, d’opérations, de projets… Cela signifie que, sans eux, ces opérations n’ont plus lieu et les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, alors même que leur emploi du temps scolaire est moins chargé. Je ne comprends donc pas ces décisions, qui ne sont ni concertées, ni fondées, ni profitables pour le ministère.

Certains prétendent que les mouvements d’éducation complémentaire frappés par ces décisions sont des structures idéologisées et dépassées.

Je ne sais pas de quel côté se niche l’idéologie  ! Notre mission professionnelle est celle que je vous ai décrite. Notre existence date de plus d’un siècle. Ce qui est durable n’est pas forcément un signe d’obsolescence. Au contraire, nous avons même la prétention de croire que nos valeurs de solidarité humaine, pour résumer, sont plus que jamais des valeurs actuelles et nécessaires pour mieux accompagner les mutations de notre société. Le mauvais traitement que nous subissons actuellement de la part du ministère me paraît être soit le résultat d’une mauvaise analyse, soit le symptôme que ce gouvernement veut mettre les acteurs de terrain en coupe réglée. Ce qui dans les deux cas conduit à l’impasse. Le ministère n’a rien à perdre à considérer les acteurs de terrain comme des interlocuteurs dignes de confiance et à revoir ses positions avant que leurs conséquences n’entachent le bilan de cette mandature.

Jean-Marc Roirant

17 février 2009 2 Commentaires

Main basse sur l’école publique

Main basse sur l’école publique:un essai salutaire

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Xavier Darcos veut-il démanteler l’école publique ? Oui, répondent les auteurs d’un livre paru chez Demopolis

Pour l’enseignant Eddy Khaldi et la journaliste Muriel Fitoussi, l’actuel ministre de l’Education nationale entend saper les bases de l’école publique républicaine et pousser peu à peu classes moyennes et supérieures vers le privé.

Leur livre, “Main basse sur l’école publique“, est, malheureusement, aussi étayé que convaincant.

Les auteurs se sont penchés sur la généalogie des idées qui marquent ce gouvernement, en matière d’éducation nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l’Horloge (extrême-droite) qu’à l’Opus Dei.

Catholiques conservateurs et droite ultra-libérale se sont rejoints, expliquent Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, pour prôner “le chèque éducation” (aux Etats-Unis, “school voucher”): un coupon donné à l’école de son choix. L’école remet le coupon au gouvernement, qui le convertit en argent. On se doute des conséquences d’une telle mesure : appauvrissement de l’école publique, enrichissement des écoles privées les plus prisées, baisse générale du niveau des enseignants, fin de toute mixité sociale.

Xavier Darcos s’est bien gardé, expliquent les auteurs, d’appliquer d’emblée une mesure si brutale. Pour affaiblir l’école publique et préparer les esprits, mieux vaut avancer masqué. Il s’agit d’abord, martèle le gouvernement, de faire des économies. Sans guère susciter de réaction, deux heures d’enseignement ont ainsi été supprimées cette année dans le primaire (le samedi matin). Suppression également de 11.200 postes d’enseignants dans l’Education nationale (13.500 prévus l’an prochain). Détail rarement souligné, mais relevé par nos auteurs (pages 69 et 78) : le gouvernement a ôté, en proportion, moins de postes dans le privé (les enseignants des écoles sous contrat sont payés par l’Etat), que dans le secteur public.

Insidieusement, l’argent public s’oriente de plus en plus vers l’enseignement privé, en particulier catholique. Et le mouvement ne date pas d’aujourd’hui : la loi sur la décentralisation du 13 août 2004 “impose aux communes de contribuer aux frais de scolarité des élèves qui résident sur leur territoire et sont inscrits dans une école privée située sur une autre commune”. Une loi impulsée par Jean-Pierre Raffarin qui aurait prononcé en juin 1994, devant des personnels d’établissement catholique de Poitou-Charentes, cette phrase ahurissante : “Je ne serai pas le complice du développement de l’enseignement public” (page 142).

Autre concession de taille à la droite la plus réactionnaire : la suppression des IUFM, dénoncés depuis longtemps par celle-ci comme un nid de “pédagogistes” malfaisants.  “L’économie réalisée par une telle opération se chiffre à près de 30.000 emplois de stagiaires, le volet IUFM du budget de l’education nationale étant purement et simplement supprimé, puisque la formation dispensée aux élèves-professeurs ne serait plus rémunérée”. Conséquence incroyable : l’enseignement devient le seul métier qui ne nécessite pas de formation spécifique.

A ranger dans le même rayon, la pseudo-suppression de la carte scolaire. Comme il est difficile de pousser les murs, lycées  et collèges publics cotés n’accueillent pas plus d’enfants. L’annonce gouvernementale d’”aménagement” de la carte scolaire a surtout multiplié les parents déçus, qui se sont rabattus (quand ils ont pu) sur les lycées et les collèges privés. Une déception qui ne doit rien au hasard : si l’on en croit les auteurs du livre, tel était le but de la manoeuvre. “Devant le naufrage annoncé et comme précipité de l’Education nationale, … l’école privée, bien que porteuse de ségrégation sociale, est en passe de devenir le nouvel eldorado de familles séduites par les slogans des marchands d’école, à longueur de palmarès et d’articles élogieux que, pourtant les statistiques officielles démentent.”Autant lire au plus vite cet ouvrage salutaire qui met en garde l’ensemble des parents contre l’asphyxie programmée de l’école républicaine. Certes, celle-ci ne saurait être exempte de critique et ne parvient pas toujours à mener à bien toutes ses missions.  Mais elle tente de le faire, avec de moins en moins de moyens. L’école publique est encore un lieu de mixité sociale, et elle est seule à garantir un enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Un héritage en voie de liquidation.

-> “Main basse sur l’école publique” Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi (Demopolis, 20 euros)

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