Engagé et militant politique au parti socialiste depuis plus de vingt ans, j'y promeus, avec beaucoup d'autres, nos valeurs de solidarité et d'émancipation.

Fervent défenseur de l'école laïque, j'assure pour l'heure, outre ma délégation Lommoise à l'éducation et aux associations, la Présidence du réseau d'élus le CEDRE. En disponibilité de l'éducation nationale, je suis actuellement Directeur de Cabinet du Maire de Grande-Synthe, Damien Careme.

17 février 2009 0 Commentaire

Ne rien dire, ne rien voir…

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La presse locale s’en fait difficilement l’écho mais la situation dans les établissements scolaires est, pour cette année scolaire, tendue.

Les nombreuses suppressions de postes qui ont affectées notre académie depuis 2002, plus de 4200 personnels disparus, ont de lourdes  conséquences dans le service d’éducation rendu aux élèves. Les effectifs par classes évidemment ont une nette tendance, à tous les niveaux , à augmenter tandis que la gestion des personnels ne permet plus forcément les remplacements de courtes et longues durée.

 Premiéres victimes, les élèves et leurs parents! Les uns et les autres attendent quelquefois pendant de longues semaines, c’est le cas dans un collége de Lomme,  le nécessaire remplacement d’enseignants alors que le rectorat n’a plus aucun moyens ( ou la volonté?) d’y faire face.

C’est un exemple trés concret des choix politiques portés par la Droite au niveau national et qui au jour le jour, dans notre réalité de terrain, fragilise l’éducation. Rappelons une nouvelle fois que  les résultats à tous les examens ou aux diverses évaluations à l’école sont d’aprés  l’inspection générale “alarmants” , le taux d’accés au baccalauréat d’une génération passant de 63% à 58%. Le lien avec la fonte des moyens semble plus qu’évident!

Malgré ces difficultés, les élus se mobilisent, la ville de Lomme particuliérement, avec le projet éducatif global par lequel viennent d’être initiés des labos de langues. Destinés aux élèves de nos 3 colléges, ces labos ne remplaceront pas les enseignants absents, les postes supprimés, mais ils sont la contribution directe de notre commune à l’effort d’éducation  partagée.

Pour l’heure, alors que les réunions de bassins sont finies, les chefs d’établissements attendent la déclinaison des 592 postes supprimés pour la rentrée 2009. Mais qu’attend la presse pour en parler?

17 février 2009 0 Commentaire

Education populaire dans le collimateur

Les mouvements d’éducation populaire dans le collimateur du ministère
 

Entretien
Jean-Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l’Enseignement, fait le point sur les décisions sévères et lourdes de conséquences du ministère contre les associations d’éducation populaire.
lundi 5 janvier 2009

Quelle est actuellement l’attitude du ministère à l’égard de votre mouvement  ?

Le ministère fait plus que nous malmener  : nous constatons une véritable offensive délibérée envers les mouvements d’éducation complémentaire, pour des raisons qui restent obscures. Les conséquences de ces décisions pourraient affecter des millions d’élèves et de jeunes de notre pays. Ce serait dramatique, pour eux et, plus largement, pour le lien qu’entretient l’école avec la société. Car, si chacun peut souligner le travail remarquable que réalisent des centaines de milliers d’enseignants pour rendre l’école plus ouverte sur le monde, plus citoyenne, plus responsable, il est facile de constater que les actions des mouvements d’éducation complémentaire amplifient ces efforts, et souvent les initient. Un seul exemple  : depuis 1999, nous animons une campagne intitulée « Lire et faire lire ». Ce sont des milliers de seniors dans toute la France qui font partager le goût de la lecture aux plus jeunes. Ce réseau de bénévoles est soutenu par des enseignants détachés. Il contribue à développer les capacités de lecture des jeunes et le lien intergénérationnel. Peut-on considérer cette opération comme superflue dans la société que nous connaissons aujourd’hui  ? Ces exemples d’opération pourraient être multipliés, et déclinés dans le champ de l’aide aux devoirs, du sport scolaire, des classes de découvertes, de l’aide aux vacances, de la solidarité éducative internationale, etc. Ces effets bénéfiques des mouvements d’éducation complémentaire, nul ne peut le contester. Notre système éducatif n’est pas parfait, personne ne le prétend, néanmoins il a des atouts dont il serait insensé de vouloir se passer. Telles sont pourtant les intentions que laisse percer le ministère de l’Éducation nationale, ce qui est aussi révoltant qu’incompréhensible.

Vous parlez d’offensive délibérée envers les mouvements d’éducation complémentaire, n’est-ce pas excessif  ?

Je vous laisse juge  : début octobre, nous avons reçu, successivement, deux courriers recommandés du ministère de l’Éducation nationale – ce qui est inédit comme mode de correspondance. Le premier concernait la subvention pour l’année en cours. À trois mois de la clôture de l’exercice budgétaire, et alors que les opérations sont déjà engagées, ce courrier nous annonçait que la subvention serait réduite de 25 %, sans aucune autre forme de prévenance. Ce qui nous met face à de sérieuses difficultés. Le second courrier était encore plus sévère  : il nous indiquait que les postes d’enseignants détachés ne seraient plus compensés financièrement par le ministère. Il nous laisse le choix de les prendre en charge ou, à défaut, de communiquer la liste de ceux qui devront réintégrer leur classe. Or, comme le sait le ministère, les mouvements d’éducation complémentaire ne peuvent assumer ce financement salarial. À plus forte raison avec des moyens amputés de 25 %.
Ces deux décisions nous semblent contestables  : la première est motivée par un « gel budgétaire ». Or, si nous pouvons comprendre que l’État n’ait d’autre choix que restreindre ses marges de manœuvre budgétaires – à tous les étages et dans tous les domaines -, nous ne comprenons pas l’absence de concertation préalable sur les efforts que nous pourrions consentir et encore moins l’argument du ministre qui, interpellé par de nombreux parlementaires, répond systématiquement que le budget alloué aux mouvements complémentaires est au contraire en hausse de soixante-quinze à cent quatorze millions d’euros  ! Ce qui contredit l’argument du gel budgétaire et n’est pas très respectueux des parlementaires auxquels il est manifestement raconté n’importe quoi  ! Il faut bien comprendre que le budget global des soixante-quinze millions d’euros, avant amputation, est infime au regard de la masse budgétaire globale du ministère. Et c’est un budget qui est très bien utilisé par les mouvements d’éducation complémentaire. Pour le ministère, c’est un investissement opportun dans le champ de l’éducation et, plus largement, du lien social.
La seconde décision concernant les enseignants détachés est loin d’être pertinente. On a bien vu que le ministre préparait depuis longtemps l’opinion publique en déclarant qu’il allait « ramener au bercail » des enseignants qui n’étaient pas devant leurs élèves et en annonçant des chiffres totalement disproportionnés. Or, à force de dénigrer ces enseignants, les différentes composantes de l’opinion publique qui ne connaissent pas, ou mal, leurs missions peuvent imaginer que ce qui est affirmé est fondé. La réalité est tout autre  : dans le cas des mouvements d’éducation complémentaire, il s’agit tout au plus d’un millier de postes détachés. Pas davantage. Ce qui, au regard du corps enseignant, est infinitésimal. Et ces enseignants sont loin de profiter de sinécures comme l’insinuent les déclarations publiques. Ce sont, au contraire, des enseignants dévoués, passionnés, responsables. Ils ont fait le choix professionnel et personnel de s’engager pour une cause en lien direct avec l’école. Ces enseignants, du fait de leurs compétences professionnelles, sont aujourd’hui dans 95 % des cas des coordinateurs de campagnes, d’opérations, de projets… Cela signifie que, sans eux, ces opérations n’ont plus lieu et les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, alors même que leur emploi du temps scolaire est moins chargé. Je ne comprends donc pas ces décisions, qui ne sont ni concertées, ni fondées, ni profitables pour le ministère.

Certains prétendent que les mouvements d’éducation complémentaire frappés par ces décisions sont des structures idéologisées et dépassées.

Je ne sais pas de quel côté se niche l’idéologie  ! Notre mission professionnelle est celle que je vous ai décrite. Notre existence date de plus d’un siècle. Ce qui est durable n’est pas forcément un signe d’obsolescence. Au contraire, nous avons même la prétention de croire que nos valeurs de solidarité humaine, pour résumer, sont plus que jamais des valeurs actuelles et nécessaires pour mieux accompagner les mutations de notre société. Le mauvais traitement que nous subissons actuellement de la part du ministère me paraît être soit le résultat d’une mauvaise analyse, soit le symptôme que ce gouvernement veut mettre les acteurs de terrain en coupe réglée. Ce qui dans les deux cas conduit à l’impasse. Le ministère n’a rien à perdre à considérer les acteurs de terrain comme des interlocuteurs dignes de confiance et à revoir ses positions avant que leurs conséquences n’entachent le bilan de cette mandature.

Jean-Marc Roirant

17 février 2009 2 Commentaires

Main basse sur l’école publique

Main basse sur l’école publique:un essai salutaire

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Xavier Darcos veut-il démanteler l’école publique ? Oui, répondent les auteurs d’un livre paru chez Demopolis

Pour l’enseignant Eddy Khaldi et la journaliste Muriel Fitoussi, l’actuel ministre de l’Education nationale entend saper les bases de l’école publique républicaine et pousser peu à peu classes moyennes et supérieures vers le privé.

Leur livre, “Main basse sur l’école publique“, est, malheureusement, aussi étayé que convaincant.

Les auteurs se sont penchés sur la généalogie des idées qui marquent ce gouvernement, en matière d’éducation nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l’Horloge (extrême-droite) qu’à l’Opus Dei.

Catholiques conservateurs et droite ultra-libérale se sont rejoints, expliquent Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, pour prôner “le chèque éducation” (aux Etats-Unis, “school voucher”): un coupon donné à l’école de son choix. L’école remet le coupon au gouvernement, qui le convertit en argent. On se doute des conséquences d’une telle mesure : appauvrissement de l’école publique, enrichissement des écoles privées les plus prisées, baisse générale du niveau des enseignants, fin de toute mixité sociale.

Xavier Darcos s’est bien gardé, expliquent les auteurs, d’appliquer d’emblée une mesure si brutale. Pour affaiblir l’école publique et préparer les esprits, mieux vaut avancer masqué. Il s’agit d’abord, martèle le gouvernement, de faire des économies. Sans guère susciter de réaction, deux heures d’enseignement ont ainsi été supprimées cette année dans le primaire (le samedi matin). Suppression également de 11.200 postes d’enseignants dans l’Education nationale (13.500 prévus l’an prochain). Détail rarement souligné, mais relevé par nos auteurs (pages 69 et 78) : le gouvernement a ôté, en proportion, moins de postes dans le privé (les enseignants des écoles sous contrat sont payés par l’Etat), que dans le secteur public.

Insidieusement, l’argent public s’oriente de plus en plus vers l’enseignement privé, en particulier catholique. Et le mouvement ne date pas d’aujourd’hui : la loi sur la décentralisation du 13 août 2004 “impose aux communes de contribuer aux frais de scolarité des élèves qui résident sur leur territoire et sont inscrits dans une école privée située sur une autre commune”. Une loi impulsée par Jean-Pierre Raffarin qui aurait prononcé en juin 1994, devant des personnels d’établissement catholique de Poitou-Charentes, cette phrase ahurissante : “Je ne serai pas le complice du développement de l’enseignement public” (page 142).

Autre concession de taille à la droite la plus réactionnaire : la suppression des IUFM, dénoncés depuis longtemps par celle-ci comme un nid de “pédagogistes” malfaisants.  “L’économie réalisée par une telle opération se chiffre à près de 30.000 emplois de stagiaires, le volet IUFM du budget de l’education nationale étant purement et simplement supprimé, puisque la formation dispensée aux élèves-professeurs ne serait plus rémunérée”. Conséquence incroyable : l’enseignement devient le seul métier qui ne nécessite pas de formation spécifique.

A ranger dans le même rayon, la pseudo-suppression de la carte scolaire. Comme il est difficile de pousser les murs, lycées  et collèges publics cotés n’accueillent pas plus d’enfants. L’annonce gouvernementale d’”aménagement” de la carte scolaire a surtout multiplié les parents déçus, qui se sont rabattus (quand ils ont pu) sur les lycées et les collèges privés. Une déception qui ne doit rien au hasard : si l’on en croit les auteurs du livre, tel était le but de la manoeuvre. “Devant le naufrage annoncé et comme précipité de l’Education nationale, … l’école privée, bien que porteuse de ségrégation sociale, est en passe de devenir le nouvel eldorado de familles séduites par les slogans des marchands d’école, à longueur de palmarès et d’articles élogieux que, pourtant les statistiques officielles démentent.”Autant lire au plus vite cet ouvrage salutaire qui met en garde l’ensemble des parents contre l’asphyxie programmée de l’école républicaine. Certes, celle-ci ne saurait être exempte de critique et ne parvient pas toujours à mener à bien toutes ses missions.  Mais elle tente de le faire, avec de moins en moins de moyens. L’école publique est encore un lieu de mixité sociale, et elle est seule à garantir un enseignement laïc, gratuit et obligatoire. Un héritage en voie de liquidation.

-> “Main basse sur l’école publique” Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi (Demopolis, 20 euros)

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